Retrouvez ici quelques réactions, à la suite de la victoire de Warren Barguil à la Haye-Fouassière, sur la course en ligne des championnats de France.

Warren Barguil (Arkéa – Samsic, champion de France) : « J’ai voulu arrêter »

« Je ne supportais pas les critiques l’an passé. J’ai réussi à faire le break. Je pense aux gens qui me tendent la main, et je laisse ceux avec des pensées négatives sur le côté. Ce n’est pas un parfum de revanche. Je pense que ce sont des cycles. J’ai vécu une période qui n’était pas facile. C’était peut-être le mental qui pêchait. J’ai douté, ce n’était pas facile. J’ai voulu arrêter. Je fais du vélo par plaisir, je n’ai jamais voulu passer professionnel, ce n’était pas un but. Si je ne prends pas de plaisir, je ne vois pas pourquoi je continuerais. C’est la passion qui m’anime avant tout, pas le reste. Je me suis dit que si ça ne m’animait plus, il fallait arrêter. J’aurais fait vendeur automobile, ce qui me passionne.
On savait que c’était un circuit dur. Quand j’attaque dans la dernière bosse, j’avais les jambes bien dures. J’ai vu que Valentin revenait. Je n’ai pas voulu rouler cinq mètres devant lui. J’ai vu qu’il y avait deux Cofidis, et qu’il y en aurait qui lancerait le sprint pour l’autre. J’ai attendu le dernier moment pour lancer mon sprint.
Sur l’aspect mental, je pense être quelqu’un de tenace. J’ai changé d’équipe, j’ai changé d’entraîneur… Il faut prendre son rythme.
Là, j’ai dû mal à réaliser. Jusqu’à la ligne, on ne sait jamais. Je me sentais fort. C’est la distance qui fait beaucoup dans un championnat. C’est vraiment toute l’équipe qui a fait un super boulot.
Quand je suis devant, je ne suis pas du genre à rester derrière. Faut animer la course et animer les échappées. C’est vrai que je ne gagne pas beaucoup, mais quand je gagne, je gagne des belles courses. »

Julien Simon (Cofidis, 2e) : « Je me suis vu gagner »

« Ça a attaqué dans le dernier tour. Avec Damien (Touzé), je pense qu’on était dans les plus rapides. J’ai essayé de gérer pour arriver dans les premiers dans la dernière bosse. Je pense que c’est Guillaume Martin qui nous fait perdre le titre. J’aurais dû faire plus confiance à Damien. Je lance dix mètres plus loin c’était bon. Je vais pouvoir m’en mordre les doigts pendant longtemps. À 800 m, Damien s’est mis en tête, je me suis mis dans sa roue. L’erreur c’est d’avoir déboité trop tôt. Avec la Classic 44, on connaît ce genre de sprint. C’est souvent des mecs de derrière qui reviennent. Je me suis vu gagner. Il y a 260 bornes avec le fictif, ce n’est pas le même sprint. J’ai senti que je mettais un peu gros. Ça s’est fait à la fraîcheur et au timing. C’est ce que je vais retenir de ces championnats. Il y a que le titre qui compte. »

Damien Touzé (Cofidis, 3e) : « Une erreur tactique »

« Ce n’est pas tous les jours qu’on arrive pour la gagne aux championnats de France. C’est toujours amer de ne pas être sur la plus haute marche. Si j’avais été dans des situations pareilles avant, j’aurais mieux géré. Dès l’instant où j’avais lancé le sprint pour Juju, je savais que c’était compliqué pour le titre. J’ai des capacité pour faire des sprints longs. J’ai lancé, et j’ai très bien fini. Je ne m’affolais pas, je savais que le sprint allait se lancer de loin. C’est plus une erreur tactique, le fait qu’on n’ait pas fait beaucoup de courses ensemble. On n’avait pas trop nos repères. Même si l’entente n’était pas parfaite, on savait qu’on jouerait la gagne à deux tours de l’arrivée. Dans le dernier tour, j’étais un peu plus juste que Juju dans les dernières montées. J’avais les bonnes jambes, et c’était un circuit qui me convenait bien. »

Kévin Ledanois (Arkéa – Samsic, dans l’échappée avec Warren Barguil) : « Quand tout se passe bien… »

« La joie est collective. Quand tout se passe bien et qu’il y a un coureur qui arrive à mettre les frissons à tout le monde c’est génial. Quand on était 40 devant (ils étaient 37 en tête), avec trois minutes on savait que ça allait être compliqué de rentrer derrière. À 50 km de l’arrivée, j’ai senti que je commençais un peu à toxiner. Warren était très fort. C’était tout pour lui. On a fait le boulot avec Romain (Hardy) quand on était tous les trois devant. Il ne nous a pas forcément parlé. Ça se voit sur le vélo. Puis on se connaît au bout de deux trois ans.
Sans être insolent, je pense qu’on a manqué de chance à certains moments. Il y a beaucoup de personnes qui ne vont pas retourner leur veste, mais qui vont comprendre qu’on n’est pas une équipe de bras cassés, comme on a pu le lire sur les réseaux sociaux. »

Maxime Bouet (Arkéa – Samsic) : « La meilleure des réponses »

« Je viens de vivre dix jours en tête à tête 24 heures sur 24, sept jours sur sept avec Warren. Ça me fait tellement du bien pour lui. Que ce soit lui ou l’équipe, on fait taire énormément de gens aujourd’hui. On a été critiqué ces derniers mois. On gagne la course qu’il faut gagner en France. On le maillot de champion de France pour le Tour de France avec Arkéa – Samsic. Et Warren la mérite tellement. Ça fait des mois que c’est un très gros travailleur. Il lui manquait juste cette pointe de réussite. Il l’a eue aujourd’hui.
Des fois, quand t’es revanchard, tu fais un peu n’importe quoi. Warren a fait du Warren, comme il fait toujours. C’est quelqu’un de très travailleur, très studieux. Il mérite cette victoire. Aujourd’hui, ça a été une course très dure dès le départ. Ça ne s’est jamais arrêté. Jusqu’au bout il y a eu du suspense. Warren, je ne suis pas surpris. Il est capable de tout gagner, à part peut-être des contre-la-montre (sourire).
Il se senatait très bien. Je commence à être un petit vieux. J’ai bientôt 33 ans, j’ai du métier. Si je peux me vanter d’un truc, c’est que je pense avoir fait du bien à Warren cette semaine pour le calmer un peu, lui dire de ne pas en faire trop des fois. Il a un peu écouté. Je suis content pour lui. On vient de passer une semaine. On sera sûrement en chambre ensemble pour le Tour. Je suis très fier de lui. Je suis très heureux d’avoir le champion de France dans l’équipe, de l’avoir dans le bus. Pour Manu Hubert, pour tout le staff, et les coureurs, c’est un très grand bien. On a été tellement critiqué, c’est la meilleure des réponses. »