« Je peux le suivre ? » La question est simple. Thomas Voeckler s’apprête à disputer le chrono de 6,6 kilomètres de la deuxième demie-étape du Circuit de la Sarthe, et Lilian Calmejane veut le suivre. Le mécanicien cède alors sa place au jeune coureur. Il ne le sait pas encore, mais le lendemain, il gagnera à Pré-en-Pail, scellant sa victoire finale au classement général. Celui qui a remporté la 4e étape de la Vuelta l’an passé peut alors donner ses impressions sur le parcours. Cela lui permet également d’ajuster ses trajectoires.

Le contre-la-montre est toujours un exercice particulier. « Il y a une part de stress chez les coureurs », explique Benoît Genauzeau, directeur sportif de l’équipe. « Il faut faire attention à ne pas faire le chrono avant le chrono », ajoute-t-il. C’est lui qui suit Thomas Voeckler dans cette demie-étape. Un format d’étape différent. Deux étapes dans la même journée, un fonctionnement différent, une adaptation à faire. « C’est une journée un peu marathon. » Journée qui avait bien commencé. Dans l’étape du matin qui emmenait les coureurs à Angers, Bryan Coquard l’avait emporté. « J’avais à cœur de bien faire aujourd’hui [mercredi], c’est la deuxième année consécutive que je gagne ici, déclarait-il. Angers c’est une ville particulière que j’aime beaucoup, c’est la ville d’Angelo [Tulik], c’était aussi la ville et la région de Romain Guyot donc c’est un bel hommage. » Esprit décontracté donc, mais pas trop.

Deux styles, deux ambiances

Au fur et à mesure du parcours, Thomas Voeckler a pu mesurer une nouvelle fois sa popularité. À l’expérience, il boucle le chrono en 8 minutes et 28 secondes, à 39 secondes du vainqueur Alex Dowsett. Dans la voiture, Lilian Calmejane donne ses impressions sur le parcours. Entre virage serré, placement des mains, recherche de vitesse, les détails s’ajustent. Au final, il terminera 7e de l’étape à 19 secondes du vainqueur. Un bon temps, mais pas étonnant. À l’issue de l’étape du matin, Bryan Coquard le disait « motivé ».

Pour Benoît Genauzeau, pas le temps de souffler. À peine le chrono de Thomas Voeckler terminé, il faut retourner au départ. C’est au tour de Romain Sicard de s’élancer. Autre style, autre ambiance. L’ancien champion du monde espoirs a une oreillette. Son directeur sportif peut communiquer directement avec lui. Des encouragements qui « rassurent le coureur » selon Benoît Genauzeau. Rassurant, et surtout galvanisant. Des indications, des encouragements et des coups de klaxon pour laisser le coureur dans sa course. « Donner des infos techniques, c’est un plus », affirme-t-il. Romain Sicard termine à 38 secondes de Dowsett (31e de l’étape).

Romain Sicard, à 38 secondes d’Alex Dowsett sur le contre-la-montre. (Photo : Arthur Pineau)

Direct Energie a réussi son Circuit de la Sarthe. Dès sa victoire d’étape, Bryan Coquard l’affirmait : « Notre Circuit de la Sarthe est réussi aujourd’hui [mercredi], place au classement général. » Au total, l’équipe totalise trois victoires d’étape, puisque Coquard l’a de nouveau emporté sur la dernière étape, et Lilian Calmejane a gagné à Pré-en-Pail. Victoire ou non, la popularité de l’équipe est toujours la même. Devant le bus, de nombreux curieux observent l’échauffement sur home trainer. « C’est un chance, confie Benoît Genauzeau, c’est dans l’ADN de l’équipe d’être au service du public. C’est une source de motivation supplémentaire. »

Vainqueur à Pré-en-Pail, Lilian Calmejane a remporté le Circuit de la Sarthe. (Photo : Emilie Drouet)

Un grand merci à l’équipe Direct Energie d’avoir accepté d’ouvrir ses portes pour suivre deux de ses coureurs.