Au lendemain de deux étapes qui ont vu triompher les baroudeurs, l’explication entre les leaders devait aujourd’hui reprendre ses droits quant à la course à la victoire d’étape.

Le format de l’étape du jour (un contre la montre en côte) ne laisse que peu de chances aux outsiders pour viser une victoire d’étape. Sur ce type d’épreuve, la gestion de l’effort est primordiale, mais de réelles capacités de grimpeur, ainsi qu’une excellente condition sont nécessaires pour envisager de jouer les premiers rôles.

Une montée en trois temps.

Apres un départ relativement plat, les coureurs abordent au bout de 7,5 km, l’ascension du Monte Grappa. Les 12 premiers kilomètres proposent un pourcentage assez régulier autour des 7%. Cette première partie achevée, un léger replat d’1 km à peine offre un répit de courte durée aux concurrents qui s’en vont aborder la partie la plus compliquée de cette ascension. Les 6 derniers kilomètres offrent aux grimpeurs une chance pour creuser de gros écarts : après 2 kilomètres à 10% de moyenne, avec des passages a 14%, les coureurs finiront par 4 kilomètres a 8%. Ce chrono du Monte Grappa, doit permettre aux leaders de réaliser un dernier grand tri entre les prétendants à la victoire finale, avant la grande explication du Zoncolan qui figera le classement générale à la veille de l’arrivé a Trieste.

Les premiers départs, et les premières indications.

Le premier coureur à rejoindre l’arrivée est l’allemand Michel Koch, qui effectue les 26,5 km du jour en un peu plus d’une heure et quinze minutes. A 14h57, deux coureurs susceptibles de réaliser une bonne étape vont s’élancer : Julian David Arredondo, le meilleur grimpeur de ce Giro suivi, une minute plus tard, par Enrico Battaglin, le vainqueur de l’étape d’Oropa samedi dernier. Les arrivées se s’accumulent et les coureurs de la Bardiani se succèdent en tête du classement provisoire. Après une brève prise de pouvoir de Laurent Pichont, ce sont les deux coureurs de la Bardiani : Boem et Bardin qui se retrouvent aux deux premières place.

Après Boem, c’est un autre coureur de la Bardiani qui améliore le temps de référence, en la personne de Colbrelli. Le premier temps notable est signé par Pirazzi, en 1h 10min et 11s, qui permet donc a la formation Bardiani de placer 3 coureurs au 3 premières places du classement provisoire. A 15h44, le 10ème du classement général : Robert Kiserlovski s’élance, et marque ainsi le début de la bataille entre les grands de ce Giro sur cette étape. Désormais, les coureurs s’élanceront toute les 3 minutes. Le temps de Pirazzi est battu par Tim Wellens, qui devient en 1h 9min et 37s le premier coureur à franchir la barre des 70 minutes d’effort.

Au premier intermédiaire, Pozzovivo réalise le 4ème temps, à 3 secondes de Cadel Evans. Les deux premiers favoris à s’être élancés avec un vélo de contre-la-montre indiquent que le choix est judicieux, puisque les deux coureurs précédemment cités réalisent des temps nettement inférieurs a ceux de Kelderman ou Hejedal, qui avaient opté au départ pour un vélo traditionnel.

Il est 16h11. Le leader Nairo Quintana s’élance. Le colombien réalise un départ sur les chapeaux de roue, et fait forte impression, en comparaison à des coureurs comme Aru ou Uran, partis sur un rythme plus calme. Après 7km, Rigoberto Uran signe tout de même le 2ème temps, une seconde devant son ancien coéquipier Dario Cataldo. 3 minutes plus tard, c’est Quintana qui passe en 6ème position au premier intermédiaire. Dans la lute des favoris, il est donc devancé après 7km600 par Uran, Evans et Pozzvivo, mais les écart sont minimes. En effet, entre Uran 2ème et Quintana 6ème, l’écart n’est que de 22 secondes !

Le temps de référence est de nouveau battu par Sebastian Henao, qui améliore de 12s le temps de Wellens. Après 19km, Pozzovivo fait une grosse impression, et arrache le premier temps : 21s devant Franco Pelizzoti. Au même moment, le Canadien Ryder Hesjedal connait un ennui mécanique qui le pénalise dans sa progression sur les rampes les plus difficiles du Monte Grappa.

Un duel entre jeunes coureurs.

Le jeune Italien, Fabio Aru, réalise une montée de très haut niveau et améliore l’intermédiaire de Pozzovivo de 52s. Il se place en favori pour la victoire d’étape. En repoussant Majka à 1min47, Aru semble réaliser un gros pas en avant quant à son ambition de monter sur le podium final a Trieste. A ce moment là, il ne reste plus que trois coureurs à passer, mais ni Uran, ni Rolland ne parviennent à améliorer le temps du transalpin. Seul le maillot rose Quintana parvient à le dépasser de 8 secondes ! La victoire d’étape semble se jouer entre ces deux jeunes coureurs.

Après un peu moins d’une heure de course, Aru revient sur Majka et l’écart GPS indique une seule seconde de différence entre le jeune Italien, et le maillot rose Colombien. Sur-motivé, Aru relance après chaque virage et donne tout pour tenter d’aller chercher une deuxième victoire d’étape sur ce Giro.

Pozzovivo signe le meilleur temps provisoire, mais Fabio Aru est survolté ! Poussé par une foule toute acquise à sa cause, il ne relâche pas son effort, attaque littéralement la pente : plus que 800 mètres à parcourir pour le porteur du maillot blanc alors que l’écart entre les deux prétendants à la victoire d’étape indique 6s en faveur du grimpeur Italien. Le temps de son compatriote est littéralement explosé par Fabio Aru qui signe, en 1h 5min et 54s, une performance de très haut niveau lui permettant de monter provisoirement sur le podium de ce Giro.

Pierre Rolland en termine sur un braquet très important, et signe en 1h 7min et 33s un très bon 2ème temps provisoire, 1min et 40s derrière le porteur du maillot blanc de ce Giro. Uran parvient à battre le temps du Français, en finissant a 1min 9s de Fabio Aru. Finalement, Nairo Quintana termine très fort ce contre la montre, et s’impose ! Avec 17 secondes d’avance sur Aru, le Colombien prouve, après la polémique de la descente du Stelvio, qu’il est bel et bien le meilleur grimpeur de ce Giro.