Surprise à Chantonnay ! Steven Tronet (Auber 93) s’est imposé pour prendre le titre de champion de France, au terme d’une course qui a tenu toutes ses promesses, et où le spectacle a été au rendez-vous. L’issue aurait pu être différente, puisque Nacer Bouhanni, encore présent pour la victoire a chuté à 300 mètres de la ligne d’arrivée.

Quel bonheur !

Bonheur, le mot qui peut être utilisé pour cette équipe continentale européenne Auber 93, récompensée par la victoire de Steven Tronet ce dimanche. Les accolades étaient nombreuses après la ligne d’arrivée. Le principal intéressé peinait à y croire. Il faut dire que jusqu’au dernier moment cette course aura été indécise. Pour cela, il est également possible de parler de bonheur, car il y a eu de tout, un scénario qui semblait joué avec Voeckler et Bardet à l’avant de la course, puis un retournement de situation, avec le retour de l’équipe Cofidis d’un Nacer Bouhanni toujours présent avec son poisson pilote Geoffrey Soupe. Enfin, il y a eu le coup de théâtre, avec la chute de celui qui était promis à son second maillot tricolore, propulsant Tronet en pleine lumière. Personne n’aurait pu prédire à l’avance un tel scénario, non, personne !
Cette course a été marquée par des hommes forts. D’abord, il y a la traditionnelle échappée, avec treize hommes dont Jérôme Coppel, récent champion de France de contre-la-montre, Christophe Riblon ou encore Cyril Gautier. Ce n’est qu’à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée que le public vendéen venu en masse a commencé à vibré encore plus, avec l’attaque de Thomas Voeckler, dont la volonté de briller à domicile était forte. Il a emmené avec lui Damien Gaudin, pour former un groupe de six avec Christophe Riblon, Cyril Gautier, Rudy Molard et Jérôme Coppel. Gautier a lâché, puis trois sont revenus : Romain Bardet, Warren Barguil et Julien Antomarchi. Derrière, Arnaud Démare a tenté de revenir, mais il n’y est pas parvenu, même avec l’aide d’Amaël Moinard. Le peloton est alors emmené par l’équipe Cofidis, qui commence à reprendre la minute de retard sur les fuyards à l’entrée du dernier tour. Le groupe de huit se déchire à l’entrée de la première des trois difficultés du circuit, avec Voeckler qui tente de prendre les devants, sans succès. Le groupe Bouhanni revient alors, et Voeckler en replace une, il est accompagné par Barguil, mais c’est un nouvel échec. Dans la dernière difficulté, c’est encore le coureur de l’équipe Europcar qui tente de forcer la décision avec Alexis Vuillermoz dans sa roue, mais il n’y a rien à faire, le titre semble promis à Bouhanni qui a toutes ses chances au sprint. La dernière ligne droite arrive alors, et à 300 mètres, Bouhanni va au sol, ce qui désorganise le groupe. Tronet et Roux sont devant et jouent le titre. Le premier s’impose, devant Roux qui, fautif sur la chute de Bouhanni, est déclassé au profit de Tony Gallopin. Sylvain Chavanel prend la troisième place, comme sur le contre-la-montre. Barguil termine quatrième devant Alaphilippe et Voeckler. Antomarchi, Gadret, Simon et Vuillermoz complètent le top 10.

Tronet devant Gallopin et Chavanel, un beau podium ! (Photo : Amélie Barbotin)
Tronet devant Gallopin et Chavanel, un beau podium ! (Photo : Amélie Barbotin)

Auber 93 au soleil, Cofidis malheureuse

Le rêve a viré au cauchemar pour Bouhanni (Photo : Arthur Pineau)
Le rêve a viré au cauchemar pour Bouhanni (Photo : Arthur Pineau)

La joie de l’équipe de Stéphane Javalet contraste avec la déception de celle d’Yvon Sanquer. Ce dernier parle de « colère et de frustration » au moment de repousser les journalistes voulant parler à un Nacer Bouhanni qui partait passer des examens, la visage fermé, déçu d’avoir caressé l’espoir d’avoir le maillot tricolore, et de devoir finalement l’oublier, et devoir remettre en cause sa participation au Tour en raison d’une côte fêlée voire cassée. Le soleil du maillot Cofidis ne brillait pas sur l’équipe nordiste, mais sur l’équipe Auber 93, et Steven Tronet, 28 ans, qui après des années de galère voit enfin les nuages se dissiper au dessus de son visage. Certes, il y a de l’émotion, des larmes de joie sur son visage, car il sait d’où il vient. Au delà d’une victoire individuelle, c’est un succès collectif, celui d’une équipe qui n’a pas hésité à sortir le champagne pour célébrer cette victoire de prestige. Tronet était en forme, lui qui avait remporté la première étape de la Route du Sud. Il reste cependant la déception pour beaucoup sans doute de ne pas avoir la chance de voir ce maillot bleu blanc rouge la semaine prochaine sur le Tour de France, Auber 93 n’y participant pas.

Ce n’était pas le jour de la FDJ, ni celui de Voeckler

Dominatrice depuis trois ans, avec Bouhanni, Vichot puis Démare, la mainmise de la FDJ sur le maillot tricolore s’arrête là. Chantonnay n’est décidément pas l’endroit où l’équipe de Marc Madiot a le plus de réussite. En 2010, Christophe Le Mével était battu par Voeckler. Cette année 2015 n’offre pas plus de succès à la FDJ, et pourtant, Démare et Offredo ont tenté dans le final, sans succès. le déclassement d’Anthony Roux ne vient que confirmer la journée délicate passée par une équipe qui aura une carte à jouer sur le Tour de France avec Thibaut Pinot, absent ce dimanche, mais aussi avec Arnaud Démare pourquoi pas au sprint.
Concernant l’équipe Europcar, à domicile, elle espérait briller, surtout Thomas Voeckler, 35 ans, qui voit la possibilité de s’imposer sur un championnat de France à domicile s’envoler. Pourtant, le Vendéen d’adoption aura tenté, attaqué, sans succès. Il a été le grand animateur du final de cette course, lui qui avait terminé à la seconde place lors de la première édition des championnats de France à Chantonnay en 2006 derrière Florent Brard. Il avait pris sa revanche en 2010, et en l’honneur de cette victoire, le boulevard a été renommé à son nom. Il espérait bien jouer sa carte personnelle ce dimanche, mais il n’est pas parvenu à s’imposer, et ce malgré les nombreux encouragement d’un public vendéen acquis à sa cause, en témoigne les nombreuses acclamations à chacune de ses accélérations. Sixième de cette édition 2015, Voeckler échoue donc, mais il n’aura pas de regret à avoir. La joie est ailleurs, elle est avec l’équipe Auber 93 et Steven Tronet, un bonheur qui accompagnera ce dernier pendant une année entière, ce jusqu’au prochain championnat de France.