C’est quasiment une armada qui se présente au départ du Tour à Düsseldorf ce samedi pour mettre en image la Grande Boucle, comme c’est le cas depuis les débuts de la retransmissions en HF à la fin des années 50. Cette armada, c’est celle d’EUROMEDIA, que beaucoup ont connu sous le nom de SFPˡ jusqu’en 2010. Et comme les coureurs du 104e Tour de France, elle a pu affûter ses armes sur des courses préparatoires au mois de juin, comme le Critérium du Dauphiné et la Route du Sud. Cette dernière sert depuis deux saisons à divers tests grandeur nature en vue de la grand messe de juillet comme nous avons pu le constater il y a une dizaine de jours à Nogaro, lors de l’arrivée de la course occitane.

Sous la responsabilité de la dynamique Claire Karrich avec à ses côtés Johann Henry et Cédric Renaud, ce ne sont pas moins de trente-sept personnes qui ont opérés pour EUROMEDIA durant les quatre jours de l’épreuve sudiste, avec une logistique bien moindre évidement que sur le Tour de France. Mais de l’Hérault au Gers, en passant par les Pyrénées, la société qui fournit les moyens techniques de France Télévisions  pour produire donc les images du Tour s’est offert un intéressant terrain d’essai pour des innovations qui feront le sel des futures retransmissions de juillet. Au premier rang des quelles on retrouve la caméra embarquée.

Installation d’une caméra embarquée sur un vélo sous le contrôle des mécaniciens de HP-BTP-Auber (Photo: Le Dérailleur)

Si celle-ci est utilisée par EUROMEDIA depuis trois ans, cette année elle a beaucoup travaillé afin de réduire l’encombrement de celle-ci sur le vélo des coureurs : « L’an dernier, nous mobilisions un porte bidon pour y installer la batterie de la caméra, nous explique Claire Karrich. Désormais ce n’est plus le cas, le dispositif est plus compact et plus léger, il peut tenir complètement sous la selle par exemple et ne pèse plus que (sic) 600g. » Un poids qui peut rebuter certaines équipes ou coureurs pour embarquer ce fameux matériel en vue des directs : « On demande à avoir beaucoup de retours de la part des équipes qui jouent le jeu, poursuit Claire Karrich. C’est important pour nous, cela nous permet de savoir ce que nous pouvons améliorer pour la rendre moins encombrante encore. » Une innovation qui tient à cœur d’EUROMEDIA, qui cette année a ajouté la prise de son à cette caméra, afin de nous plonger un peu plus au sein du peloton, nous permettant d’entendre tout les bruits que les coureurs ont l’habitude d’appréhender en course.

Première mondiale testée sur la Route du Sud, une moto équipée d’une caméra VR 360° (Photo: Le Dérailleur)

Autre point sur lequel la société de production travaille, la géolocalisation de l’ensemble des coureurs. Grâce au système SMACS d’EUROMEDIA, elle a permis  sur la Route du Sud à Eurosport d’exploiter un nouveau logiciel, Unity développé par CA Technologies, afin d’améliorer ce que l’on appelle les incrustations à l’écran. Au menu de ce logiciel, écart et vitesse instantanés, permettant à l’écran de visualiser la position des coureurs sur la carte du parcours, ou le profil de celui-ci. Aux-côtés du réalisateur Christophe Baudouin, c’est le journaliste d’Eurosport Vincent Renault qui aura géré l’utilisation d’Unity à l’écran durant les retransmissions. Sur le Tour de France qui démarre aujourd’hui, SMACS est utilisé par Dimension Data, partenaire du Tour de France depuis 2015, pour là-aussi géolocaliser les coureurs , mais aussi fournir les écarts, leurs vitesses instantanées et autres données qui agrémenteront les retransmissions produites par France Télévisions. Enfin, une dernière innovation à fait l’objet d’une première mondiale sur la Route du Sud, avec une caméra 360 embarquée sur une moto d’EUROMEDIA offrant aux internautes surfant sur le site d’Eurosport une immersion plus totale encore au cœur de la course, grâce à la réalité virtuelle. Car non, EUROMEDIA ne se cantonne pas qu’à la retransmission télévisée, elle n’oublie pas les nouvelles technologies. Des pistes à développer et qui se montrent bien plus concrètes que la simple utilisation de data ou de Go-Pro dont Velon fait notamment son cheval de bataille. Le gagnant dans tout ça ? Le fan, qui depuis son canapé aura envie de vibrer plus encore à l’exploit de ses champions. Et ce n’est pas pour nous déplaire.


ˡ Société Française de Production: Au départ entreprise publique de production et de création née en 1975 à l’issue du démantèlement de l’ORTF, la SFP fut privatisée en 2001, avant d’être reprise par le groupe EUROMEDIA Télévision associé au Groupe Bolloré. Elle devint ensuite la tête du groupe regroupant les sociétés EUROMEDIA Télévision, SFP, VCF, DVS, Livetools et Tatou ; qui fusionneront ensuite en 2010 dans EUROMEDIA France, la SFP disparaissant en tant que tel.