Cette année, la « Course by le Tour » a changé de format, laissant tomber les paillettes des Champs-Élysées à une montée de l’Izoard et une poursuite telle qu’on peut en voir l’hiver durant la saison de biathlon, une idée aussi originale que novatrice.

Cette formule de vrai faux contre la montre et de vraie fausse course en ligne rebat complètement les cartes d’un cyclisme de plus en plus aseptisé par la domination des équipes les plus fortes pour ne pas dire les plus riches.  S’il est compliqué de juger la poursuite telle qu’elle a eu lieu à Marseille de par sa primeur et sa courte distance (du moins, les écarts établis dans l’Izoard qui ont quelque peu faussé le prototype), le concept, lui, est bien-là et à l’avenir, il serait intéressant de l’exploiter, car il se retrouve être bénéfique pour tous.

En effet, finies, du moins dans une certaine mesure, les courses d’équipes. Les leaders se retrouvent désormais livrés à eux-mêmes et ne peuvent, sauf exception, plus bénéficier de la présence de leurs fidèles lieutenants.

Pour la course, en plus de la nouveauté, cela apporte un spectacle sans pareil, car les coureurs ont une palette de stratégies quasi illimitée : imaginez que vous prenez part à une poursuite et que vous vous élancez en 2ème position à 15 secondes du premier et que votre premier poursuivant se situe à 20 secondes de vous. Qu’allez-vous faire ? Prendre le risque de revenir seul sur la tête de la course ? Ou, attendre votre collègue, quitte à perdre du temps, et créer une alliance de circonstance pour pouvoir aller chercher la gagne ?Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais au moins, la poursuite a l’avantage d’être bien moins prévisible qu’une course en ligne où le schéma est fréquemment identique.

Enfin, pour le spectateur, ce format est idéal. Lors d’une course en ligne,  il ne voit le peloton qu’à une seule reprise, sauf circuit. Sur un contre la montre par équipe il reste toujours un sentiment de manque une fois la dernière équipe élancée. Et, les contres la montre qui se font interminables au fur et à mesure de l’avancée des coureurs. La poursuite, elle, permet de gommer toutes ces limites, ainsi le spectateur se retrouve dans une situation où il peut bien voir les coureurs, qu’ils soient seuls ou en petit comité.

Si dans un futur proche, cette initiative de poursuite parvient à s’instaurer dans les moeurs du calendrier, la première interrogation se portera sur son organisation, à quel moment la poursuite se déroulera-t-elle ?  Après un contre la montre ? Afin d’assurer une transition avec une course en ligne. En dernière étape d’une course d’une semaine ? La placer l’après-midi d’une étape de grand tour afin de remettre au goût du jour les demi-étapes ? À long terme, organiser, lors de la période des championnats nationaux, une épreuve de poursuite ? De même pour les championnats du monde même si cela semble utopique.

La seconde, sur son tracé : Quel profil et quelle distance pour la poursuite ? Un tracé plat qui favorise les rouleurs et, dans une certaine mesure, les sprinteurs ? Un parcours accidenté qui permettrait un éventuel regroupement entre les premiers de l’épreuve précédente ? Une épreuve en haute montagne ou des rivaux pourraient, le temps d’une course, devenir des amis  éphémères ?

Quoi qu’il en soit, le concept est intéressant et seul l’avenir nous dira s’il peut ou non se pérenniser.

Êtes-vous pour ou contre la mise en place de la poursuite ?