Alors qu’une rumeur faisait état d’une possible grève au départ, 167 rescapés (Edvald Boasson-Hagen (SKY) étant forfait) ont quittés Ponte di Legno, pour 139 km de course appelés à marquer ce Giro 2014. Aujourd’hui nous avions les ingrédients d’une journée de légende. Les montées mythiques du Gavia et du Stelvio, ainsi que celle du Passo Tonale où se situait la ligne d’arrivée  tracée dans la station de Val Martello, étaient programme.  Ajoutée à cela, une météo dantesque, ne restait qu’une inconnue, la volonté des coureurs à faire la course.  Ces derniers avaient, semble-t-il, décidé de montrer au train le Gavia mais il n’en sera rien.

Festival colombien

Est-ce la présence de leur ministre des sports sur la course qui les à motivés ? Toujours est-il que les colombiens étaient, eux, décidés à faire la course. Dès les premières pentes du Gavia, Robinson Chalapud (Colombia) place une banderille qui à pour effet de faire exploser le peloton. Au sommet c’est lui qui passe en tête devant Julian Arredondo (Trek) venu renforcer son maillot bleu de meilleur grimpeur, avant de disparaître des écrans radars de toute la journée et de se sauver en rentrant tout juste dans les délais, à Val Martello. En 3ème position, Jarlinson Pantano (Colombia) complétait ce festival colombien. Dans la descente, seul Chalapud arrivait à tenir son rang puisque dans la courte vallée menant au Stelvio, il figurait dans un groupe de chasse derrière 3 coureurs parti dans la descente vers Bormio, Dario Cataldo (Sky) , Franco Pelizzoti (Androni) et Alexis Vuillermoz (Ag2r).

De la confusion avant le coup de force de Movistar

Les 3 hommes de têtes voient revenir dans l’ascension du Stelvio plusieurs coureurs, Dupont (Ag2r), Rosa (Androni), Pantano (Colombia), Niemec (Lampre) et Kiserlovski (Trek). Après un joli numéro, Alexandre Geniez (Fdj.fr) se joint à ce groupe qui ne parvient pourtant pas à creuser l’écart, avec le groupe maillot rose. 3 équipes se relayant dans la montée pour en assurer la progression, Tinkoff-Saxo, Europcar et Movistar. Cette dernière, décidant même de prendre les commandes en imprimant un tempo élevé histoire d’éliminer par l’arrière les plus faibles. Ce coup de force a pour effet d’isoler le leader de la course, Rigoberto Uran (OPQS) qui perd ses équipiers au fur et à mesure de la montée.   A l’avant, l’italien Cataldo attaque à 3 km du sommet du Stelvio et va s’offrir  un joli numéro en tête de course puisqu’il ne sera repris qu’au pied de la montée finale.

Avant de voir la course basculer dans la descente, la confusion s’empare du Giro à tel point que certain tente d’installer la polémique. Sur Twitter, la direction de course annonce une neutralisation de la descente du Stelvio (pratiquée dans la froid et la neige dans ses premiers lacets), avant de se raviser de longues minutes plus tard. Mais de neutralisation il n’y aura point, car dans la descente, Nairo Quintana (Movistar) et Pierre Rolland (Europcar) accompagnés de quelques équipiers, sont partis à l’offensive. Et bien que les informations arrivent au compte-gouttes pour les suiveurs, on annonce rapidement 1’30’’ d’avance sur le groupe maillot rose.

Hesjedal surprend

Dans la longue vallée menant au pied du Passo Tonale, Cataldo est seul en tête. A 46 » un groupe de trois avec Vuillermoz, Dupont et Pantano, rescapés du groupe parti dans la montée du Stelvio. A 1’18 » Chalapud. A 2’02 », Rolland et son équipier Sicard, Quintana et son équipier Izaguirre. Avec eux Hesjedal et Rabottini partis dans la descente en leur compagnie. A 2’27 » Landa (Astana) et Geniez. Et enfin à 4′ , le groupe maillot rose. A l’abord de la dernière ascension, Cataldo se fait reprendre par 3 hommes, Quintana, Rolland et Hesjedal.  Sous l’impulsion du colombien et du français, Cataldo est décramponné tandis que Hesjedal fait l’élastique.

A 7,5 kilomètres de l’arrivée, Quintana accélère l’allure et tente d’éprouver ses compagnons. Dans le peloton, Uran semble inquiet et en difficulté. On le voit demander à Pantano et Cataldo, repris, du ravitaillement en solide et en liquide. Majka (Tinkoff), lui attaque à plusieurs reprises et seul Kelderman (Belkin)  arrive à le suivre. A 5 km de la ligne, Quintana lâche enfin Rolland mais voit Hesjedal, décidément combatif, s’accrocher et revenir à l’arrachée. Le canadien surprend.

Quintana enfonce le clou

Dans les derniers lacets, aux pourcentages abruptes, Quintana s’envole enfin. Hesjedal craque et laisse filer le colombien vers un triomphe mérité à Val Martello et un maillot rose qu’il prend à son compatriote Rigoberto Uran. Arrivé derrière Quintana et Hesjedal, Pierre Rolland accroche une belle 3ème place. Au micro de BeIn Sports, le nouveau 4ème du général concède qu’il n’a pu se ravitailler correctement de toute l’étape, car tétanisé par le froid. Mais encore une fois, il aura pesé sur la course et peut rêver d’un possible podium à Trieste dimanche. Podium, d’on peut encore rêver Domenico Pozzovivo (Ag2r) qui, malgré une équipe Ag2r encore omniprésente, descend à la 7ème place du général. Un classement général, du reste, très serré de la 3ème à la 9ème place puisque 55 secondes seulement séparent Cadel Evans et Ryder Hesjedal. Cette troisième place du Giro nous promet de belles batailles.

Les classements

Etape

1 QUINTANA Nairo (Movistar Team) en 4:42:35

2 HESJEDAL Ryder (Garmin Sharp)  à 0:08

3 ROLLAND Pierre (Team Europcar)  à 1:13

4 KELDERMAN Wilco Belkin-Pro (Cycling Team) à 3:32

5 POZZOVIVO Domenico (AG2R La Mondiale)  à 3:37

6 ARU Fabio (Astana Pro Team) à 3:40

7 MAJKA Rafal (Tinkoff-Saxo) à 4:08

8 HENAO GOMEZ Sebastian (Team Sky) à 4:11

9 URAN Rigoberto (Omega Pharma – Quick-Step) m.t

10 EVANS Cadel (BMC Racing Team) à 4:48

Général

1 QUINTANA Nairo (Movistar Team) en 68:11:44

2 URAN Rigoberto (Omega Pharma – Quick-Step) à 1:41

3 EVANS Cadel (BMC Racing Team) à 3:21

4 ROLLAND Pierre (Team Europcar) à 3:26

5 MAJKA Rafal (Tinkoff-Saxo) à 3:28

6 ARU Fabio (Astana Pro Team) à 3:34

7 POZZOVIVO Domenico (AG2R La Mondiale) à 3:49

8 KELDERMAN Wilco (Belkin-Pro Cycling Team) à 4:06

9 HESJEDAL Ryder (Garmin Sharp) à 4:16

10 KISERLOVSKI Robert (Trek Factory Racing) à 8:02