Au lendemain de l’étape de la Planche des Belles Filles, les différentes presses étrangères donnent leurs sentiments sur leur poulain, de la Gazzeta pour Nibali, à l’Equipe pour nos jeunes français. Le Dérailleur vous dresse une revue de presse détaillée, juste avant que les choses sérieuses reprennent.

Nibali, patron du tour!

Il est indéniable, Vincenzo Nibali est le grand patron du tour de France. Après un début de tour de canon, vainqueur d’étape à Sheffield, coup de force sur les pavés, et re-vainqueur d’étape à Planche des Belles Filles, il est le maillot jaune incontesté. Ce matin au réveil, la Gazzeta titrait « Tourbo nibali » mais aussi « Dramma Contador » pour souligner la perte du coureur espagnol. En Italie, on reste prudent mais confiant, puisque cette même Gazzeta dit, je cite « la route vers paris est encore longue, mais trouver un adversaire crédible pour le sicilien d’Astana est vraiment difficile après ce que nous venons de voir sur la Planche des Belles Filles. »  16 ans après le sacre de Pantani, dernier italien à avoir remporté le tour, l’Italie n’a jamais était aussi proche de ramener la grande boucle à Paris. Le rêve tient à dix autres étapes, deux semaines de stress intensif, mais ici en tout cas, une défaillance ou encore pire une chute de Nibali serait un cuisant échec, un drame même. Dans l’autre sens, une victoire serait le symbole du renouveau pour le cyclisme italien qui dans le temps, possédait les plus grands champions, des Coppi au Gimondi. Par ailleurs, on compare souvent Nibali à Gimondi, une comparaison qui pourrait prendre tout son sens en cas de victoire dans quelques jours,  à Paris.

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Pour effacer la désillusion Contador : un podium et peut être mieux, pour Valverde.

Ce matin en Espagne, on parle plus de l’abandon d’Alberto Contador que des performances d’Alejandro Valverde, logique, certes. Le plus connu des quotidiens sportifs espagnols Marca  parle lui évidemment de « l’abandono de Contador » et cite d’une écriture un peu plus grande « tourtura« , enfin As écrit lui « Contador, tombé au combat » sur son site internet. Cette chute provoquée dans la descente du grand ballon a laissé toute chance à l’espagnol de pouvoir gagner le tour de France, lui, qui était l’un des grands favoris, comme le souligne as.com, et surtout son directeur sportif Bjarn Riis, qui lui dira un peu plus tard qu’Alberto était dans la forme de sa vie. Une énorme désillusion donc pour l’Espagne entière, qui voit maintenant tous les espoirs sur le dos d’Alejandro Valaverde, troisième à 2 minutes 47 de Nibali. Du côté de Valverde, on reste optimiste « Nibali est très fort, mais clairement pas imbattable » puis termine en disant qu’il a les jambes qu’il avait quand il a gagné la Vuelta, et qu’avec le temps, il ira mieux. Si ce n’est pas un avertissement pour ses adversaires ! En Espagne, on reste assez confiants pour un podium, mais une victoire espagnole n’est pas à exclure, même si pour l’instant, aucun quotidien ne prend réellement de risque, on sait pourquoi..

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Porte : être le 3ème Sky de suite sur les Champs-Elysées.

Pour Porte, ce tour de France est plutôt une réussite : il bénéficie de l’abandon de Froome pour être le leader, puis à la veille de la journée de repos, est deuxième à 2 minutes 27 de Nibali ! Dur de faire mieux. Cependant, pour Porte et Sky, le podium n’est pas l’objectif, du moins quand on voit leur discours : « Maintenant, il faut attaquer Nibali, être agressif » affirme Richie Porte ». La victoire finale est donc toujours dans la tête des Sky et de son nouveau leader, qui pourrait être le 3ème coureur de suite de l’équipe britannique à être sur le podium aux Champs-Elysées, après Wiggins et Froome. Pour le quotidien The Guardian, la Sky est loin d’être favorite et dit, je cite, à la fin de l’un de ses articles « Aujourd’hui, les coureurs ont leur premier jour de repos, mais Nibali semble en avoir beaucoup dans le réservoir. Quelques minutes avant son assaut final dévastateur, il a été heureux de bavarder avec son son coéquipier Jakob Fuglsang ». Il ajoute ensuite qu’il est dur de faire des pronostics, surtout avec ce qu’il s’est passé depuis le début de ce tour. Bref, ici, côté anglais, on n’est pas aussi confiants que ça, et on remarque surtout les performances du leader Vincenzo Nibali. Porte aura à cœur de prouver aux Sky et à l’Angleterre qu’il peut être plus qu’un troisième homme.

 

Du côté français, on se met à rêver doucement.

La deuxième place de Thibaut Pinot à la Planche des Belles Filles a fait rêver de nombreux français, tout comme le maillot blanc pris par Romain Bardet. L’Equipe titrait ce matin  » Quel feu d’artifice  » et rajoute  deux pages plus tard «  Pinot, facile à domicile » pour souligner la performance du français. Enfin Eurosport titre « Et dire que Pinot n’était pas dans un bon jour » puis « à la pédale les français ont montré qu’un podium à Paris n’avait rien d’utopique« . Consciente de voir des jeunes français mettre du punch à leur Tour, la France sait que cette année peut être la bonne pour un podium à Paris, Bardet étant 4ème, Pinot 6ème, Péraud 8ème. Le dernier français sur le podium des Champs-Elysées, était un certain Richard Virenque en 1997, ça commence à faire long, très long.. Du côté des principaux intéressés, notamment Pinot et Bardet, on reste prudents. Thibaut Pinot affirme « mes ambitions restent les mêmes, c’est le top 10« . Bardet lui est quand même plus tranchant, il confie vouloir « passer à l’offensive dans les alpes« .  Enfin, pour finir, l’Equipe met en vue Péraud, mais tout de même beaucoup moins, en titrant en bas de page « Peraud est toujours là« , le coureur d’Ag2r voudrait lui accrocher une cinquième place, à 37 ans. Bref, trois français dans le top 10, c’est bien parti, mais un podium est à la hauteur, il faudra être fort mentalement, mais aussi à la pédale. Après tout, c’est leur tour !

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 Et vous, que pensez-vous des favoris pour la suite de ce Tour ?