1930. Depuis cette année-là, la caravane publicitaire est devenue indissociable du Tour de France. Chaque étape, elle précède le peloton. Un convoi apprécié de tous. Immersion avec les caravaniers d’Enedis, marque qui est devenue partenaire officiel du Tour, et qui s’affiche sur les dossards des coureurs.

L’équipe Enedis au complet avant la dernière étape. (© Arthur Pineau/Le Dérailleur)

Ciel gris à Montgeron. Clap de fin pour le Tour et sa caravane publicitaire. Comme tous les autres caravaniers, chez Enedis, l’heure est à la pause déjeuner, et aux derniers préparatifs avant l’ultime étape. Déjà, la nostalgie se fait sentir. Anciennement ERDF, l’enseigne est partenaire officiel du Tour, et a mis en place de nombreuses opérations en marge de cette Grande Boucle. Les suiveurs avaient la possibilité de jouer en ligne avec les dossards grâce à un système de bingo. Succès au rendez-vous, comme au village départ. Les spectateurs pouvaient repartir avec leur dossard. Un souvenir en plus.

La caravane, c’est une autre histoire. Deux chars et trois ludospaces sont présents pour le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité. Onze personnes qui travaillent pour faire le spectacle sur les routes du Tour. Conducteurs, animateurs et distributeurs. Les foules sont ravies. Ce dimanche midi à Montgeron, l’atmosphère est spéciale. Dernier départ, après trois semaines intenses. Tous les caravaniers ou presque se connaissent. Derniers préparatifs. Derniers nettoyages des véhicules, échange de goodies, et échauffement tous ensemble. Moment rituel juste avant le départ, tous dansent la « Patate Power ». Bonne ambiance, puis briefing avant d’aller s’installer sur les différents véhicules. « C’est une étape spéciale, il y a 300 véhicules présents dans la caravane aujourd’hui », dit Rodolphe, notre conducteur du jour.

Le briefing d’avant étape. (© Arthur Pineau/Le Dérailleur)

« Dans une bulle »

Le spectateur qui attend la caravane n’espère qu’une chose : une bonne récolte. Chaque année, ce sont des millions d’objets qui sont distribués sur le bord des routes. Chez Enedis, ce sont environ 700 000 goodies de donnés. Des porte-clés qui s’éclairent quand on appuie au centre de l’objet, ainsi que des drapeaux qui font le bonheur des spectateurs. Conducteur pour Enedis depuis l’année dernière, Rodolphe boucle son quatorzième Tour en tant que caravanier. Il savoure : « J’étais avec une équipe formidable. » Devant une foule immense, la distribution bat son plein. Les trottoirs de Montgeron, Longjumeau, Antony et d’autres sont garnis. Certaines personnes ouvrent des sacs pour que les objets soient lancés dedans. « Le Tour c’est le 14 juillet tous les jours », pour Rodolphe. Engouement populaire.

La distribution se fait devant un public venu nombreux. (© Arthur Pineau/Le Dérailleur)

Au rythme de la musique, les distributeurs alternent entre danse et jet de goodies. La foule est haranguée par le véhicule de tête : « Est-ce que voulez des cadeaux ? » Succès garanti. La machine est bien huilée : « Dès qu’on arrive le soir à l’hôtel, on prépare les sacs de goodies pour le lendemain », explique Rodolphe. Rythme soutenu pendant trois semaines. « On est vraiment dans une bulle, analyse-t-il. Je ne sais rien de ce qui s’est passé en France depuis trois semaines. »

Les Champs, moment unique

Paris s’ouvre à la caravane. La porte d’Orléans franchie, la distribution est terminée. « Je ne sais pas pourquoi, mais on ne peut plus rien donner une fois la pancarte Paris passée. » Le public parisien est nombreux. Les caravaniers d’Enedis continuent de faire le show. Dialogue avec le public, danse. Bonne humeur dans la caravane. Puis frayeur. Pour quelques petits centimètres, le char de tête passe tout juste sous le pont de l’Alma. Ouf ! Entrée sur les Champs-Élysées. Moment unique. Les rues de Paris pour la caravane uniquement, et personne d’autre. Moment savoureux. Tout comme avant de passer sous les Tuileries. Un temps d’arrêt idéal pour lancer un clapping avec la foule présente. S’en suit la remontée des Champs, avec le passage sur la ligne d’arrivée. Les véhicules forment un V pour parader. « On n’a pas le droit de faire des zigzag cette année », explique Rodolphe.

La ligne d’arrivée, fin de trois semaines intenses pour la caravane Enedis. (© Arthur Pineau/Le Dérailleur)

Le Tour s’achève pour la caravane avec le tour de l’Arc de Triomphe et la descente de la plus belle avenue du monde. Fin du marathon de trois semaines pour la caravane. Pour Rodolphe, la journée n’est pas finie, il ne reste plus qu’à ramener les véhicules pour qu’ils soient rangés pour l’année prochaine. « Avec les transferts, on a fait 8000 kilomètres cette année. » Semaines intenses donc. Des moments riches, et une émotion sans doute forte quand il a fallu se séparer. Retour à la réalité, en attendant la prochaine aventure.


Images embarquées