Ce vendredi s’élance depuis Jérusalem le 101e Giro d’Italia. Afin de bien suivre le premier Grand Tour de la saison, le Dérailleur vous propose un tour des forces en présence à quelques heures du contre-la-montre inaugural.

Team Sunweb

Le mot d’ordre est clair pour l’équipe allemande, rééditer la performance de 2017 et retrouver Tom Dumoulin en rose à Rome. Le vainqueur de la dernière édition du Giro a suivi exactement le même programme de course que l’an passé pour préparer ce Tour d’Italie. Tenant du titre, Dumoulin est de facto le favori sur la ligne de départ à Jérusalem. Toute l’équipe Sunweb est articulée autour du néerlandais et présente de beaux arguments avec pour l’épauler en montagne Laurens Ten Dam, déjà présent dans la garde rapprochée de Dumoulin sur le Giro 2017, et le très prometteur Sam Oomen, qui pourrait peut-être se mêler dans la lutte au maillot blanc. La Sunweb pourra profiter également de la jeunesse de Chris Hamilton, 22 ans, et Lennard Hofstede, 23 ans, ainsi que du plus expérimenté américain Chad Haga pour les étapes montagneuses. Louis Vervaeke et Roy Curvers, complètent la sélection et devraient être les premiers à rouler si jamais la Sunweb se trouve en position de défendre la maillot rose tant convoité. Pour le conquérir Dumoulin, champion du monde en titre de la discipline, pourra s’appuyer sur les chronos même si par rapport à l’an dernier ceux-ci sont moins importants. Les contre-le-montre de Montefalco dont il est vainqueur et celui de Milan au cours duquel il s’empare à nouveau du maillot rose ont grandement contribué à sa victoire. Cette année celui de Jérusalem, neuf kilomètres seulement , fait plus office d’un grand prologue mais Dumoulin pourra s’exprimer sur les 34 kilomètres entre Trente et Rovereto.

AG2R La Mondiale

L’équipe de Vincent Lavenu a pour coutume de placer un coureur dans le top 15 au général du Giro chaque année depuis 2010 (à l’exception de 2015 avec la 20e place de Betancur). Avec Pozzovivo, Gadret ou encore Hubert Dupont, il est vrai que les Terre & Ciel semblent partager une certaine affinité avec la Corsa Rosa. Ce dernier va justement débuter son onzième Tour d’Italie, et reste sur une 19e place au général l’an passé. Mais cette année il semblerait qu’AG2R mise sur Alexandre Geniez, 9e de l’épreuve sous le maillot de la FDJ en 2015. Auteur d’un très bon début de saison (victoire sur le GP La Marseillaise et le Tour La Provence), Geniez semblait un peu plus hors du coup sur le récent Tour des Alpes. Il disposera de l’aide de Matteo Montaguti et Mikaël Chérel, les deux coureurs pourraient également tenter leur chance sur une étape accidentée. François Bidard, 39e l’an passé, sera aussi de la partie tout comme Quentin Jauregui et Nico Denz. Ce sera le baptême du feu pour Clément Venturini qui disputera son premier Grand Tour et qui pourrait avoir l’idée de se mêler à quelques sprints.

Androni Giocattoli – Sidermec

Absente du Giro sur les deux dernières éditions, l’équipe de Gianni Savio arrive avec l’envie de se montrer. On risque fort de régulièrement voir leurs maillots rouges bardés d’un nombre incalculable de sponsors à l’avant. Mais au-delà d’une simple figuration les italiens semblent posséder des arguments intéressants. Avec tout d’abord deux jeunes pousses transalpines : Davide Ballerini, 5e du GP de l’Industrie et de l’Artisanat Larciano & 3e sur le Tour des Appenins mais surtout Fausto Masnada, 3e de ce même Tour des Appenins et surtout auteur d’un début de saison très solide sur les routes italiennes. Ils chasseront une victoire d’étape, un Graal non atteint par Androni depuis 2012. Cela pourrait également être réalisable sur un sprint massif, l’équipe dispose pour cela de deux vétérans avec Manuel Belletti et Francesco Gavazzi dont on connaît la pointe de vitesse mais peut-être également avec Andrea Vendrame, 3e sur le dernier Paris – Camembert, qui sans être un pur sprinter peut être néanmoins assez rapide. Le grimpeur colombien, Rodolfo Torres, 4e du Tour de San Juan en début de saison se montrera à coup sûr offensif tout comme Mattia Cattaneo et Marco Frapporti.

Astana Pro Team

En voilà une écurie dangereuse, Astana est clairement l’une des équipes en forme du moment après son très bon Tour des Alpes et vient avec des ambitions sur ce Giro. Avec en fer de lance Miguel Angel Lopez, huitième avec deux étapes dans la poche de la dernière Vuelta, le colombien peut légitimement ambitionner un top 5 et le maillot de meilleur jeune. Autour de lui Tanel Kangert, rompu aux routes italiennes, Jan Hirt, 12e du Tour d’Italie l’an passé ou Pello Bilbao très en vue sur le dernier Tour des Alpes. Lui aussi s’est distingué au cours de cette épreuve, l’espagnol Luis Leon Sanchez semble toujours aussi véloce et guettera une occasion de lever les bras. Idem pour Alexey Lutsenko, vainqueur du Tour d’Oman, il reprend seulement depuis sa participation au Tour des Flandres mais pourrait bien se montrer offensif. Tout comme pourraient l’être les puncheurs Davide Villela et Andrey Zeits. Qu’Astana reparte sans une ou deux victoires d’étape serait à coup sûr une grosse déception pour l’équipe vu les coureurs emmenés sur ce Giro.

Bahrain – Merida

Autant évacuer la blague de suite, oui, Nibali est sur le Giro. Mais Antonio, pas Vincenzo. Pas sûr que le petit frère puisse réaliser les mêmes performances que son aîné. Heureusement la Bahrain peut compter sur Domenico Pozzovivo, 6e l’an dernier sur le Giro, l’ancien d’AG2R est d’ailleurs sur une excellente dynamique (2e du Tour des Alpes & 5e de Liège – Bastogne – Liège). Le problème est néanmoins toujours le même avec lui, si il ne joue pas de malchance sa place dans le top 10 est assurée mais il semble constamment manquer du petit plus lui permettant de finir sur le podium. En plus du général, la formation qui a presque tout raflé sur le Tour de Croatie (trois étapes et le général) visera aussi les étapes. Niccolo Bonifazio, rookie sur l’épreuve, pour les sprints, Giovanni Visconti pour les arrivées en costaud ainsi qu’avec le joker maison et descendeur fou Matej Mohoric. Kanstantin Siutsou, vainqueur en Croatie, aidera Pozzovivo en montagne alors que Domen Novak et Manuele Boaro seront utiles dans la plaine pour protéger leurs leaders.

Bardiani – CSF

Pour l’équipe italienne, Andrea Guardini tentera de faire parler sa vitesse lors des arrivées massives et de décrocher un bouquet, comme il l’a déjà fait par le passé en 2012 sur le Giro à Vedelago. Il aura comme poisson-pilote Paolo Simion, vainqueur d’étape sur le dernier Tour de Croatie. Alessandro Tonelli, lui aussi lauréat d’une étape sur la même épreuve, essayera de se glisser dans les échappées, au même titre que Simone Andreetta, Enrico Barbin ou Mirco Maestri. Pour les étapes montagneuses voir le classement général, la Bardiani misera sur deux hommes : Giulio Ciccione, vainqueur du dernier Tour des Appenins et déjà victorieux sur le Tour d’Italie en 2016 à Sestola et Manuel Senni, 26 ans, transfuge de la BMC dont il sera attendu plus que lorsqu’il défendait les couleurs de l’écurie américaine.

BMC Racing Team

Est-ce que Rohan Dennis est taillé pour les Grands Tours ? Le rouleur australien affiche des ambitions déclarées sur les courses de trois semaines mais pour l’instant difficile d’y voir clair avec trois abandons successifs (Tour 2016, Giro et Vuelta 2017). Peut-être auront nous un élément de réponse à Rome le 27 mai. Si l’australien venait à faillir Nicolas Roche est là pour le seconder et accrocher une bonne place au général, l’italien Alessandro De Marchi pourrait lui aussi se distinguer lors des étapes montagneuses. La BMC dont l’avenir reste en suspens aurait bien besoin de bons résultats sur ce Tour d’Italie, pourquoi pas par le biais d’un de leurs deux sprinters Jean-Pierre Drucker ou Jürgen Roelandts, reste à savoir qui sera le dernier lancé dans les 200 derniers mètres, l’espagnol Francisco Ventoso sera là pour leur frayer un chemin. Les deux jeunes espoirs Kilian Frankiny et Loïc Vliegen seront à surveiller du coin de l’œil, il s’agit typiquement de genre de coureurs capables de s’imposer au sein d’un petit groupe dans une étape de transition.

Bora – Hansgrohe

Arrivé dans l’équipe allemande à l’intersaison, Davide Formolo porte les espoirs de la Bora – Hansgrohe sur ce Giro 2018. L’italien de 25 ans poursuit une progression linéaire mais prometteuse, avec une étape à La Spezia sur le Giro en 2015, une 9e place sur la Vuelta en 2016 et enfin une 10e place au général l’an passé sur le Tour d’Italie avec le maillot de la Cannondale. Formolo peut miser sur un bon début de saison (7e sur le Tirreno et sur Liège – Bastogne – Liège), une place dans les 10 premiers à l’arrivée à Rome confirmerait cette tendance. Pour atteindre cet objectif il pourra bénéficier de l’aide des autrichiens Patrick Konrad (16e du Giro 2017) et de Felix Grossschartner, tous deux se sont distingués sur le dernier Paris – Nice. En plus de l’aide apportée à Formolo ils pourraient faire parler leurs propres qualités. Nul doute que les dirigeants de la Bora aimeraient voir les qualités de Sam Bennett, le sprinter irlandais est à la recherche d’une première victoire sur un Grand Tour et aussi tout simplement en 2018. Rüdiger Selig, chargé de lancer les sprints pour Bennett, peut aussi se muer en plan B de luxe, comme cela avait déjà été le cas sur le Giro l’an dernier. Le local Cesare Benedetti et les rouleurs Christoph Pfingsten & Andreas Schillinger viennent compléter la sélection.

Dimension – Data

Après deux huitièmes places sur les deux derniers Tour de France, Louis Meintjes va découvrir le Tour d’Italie. À 26 ans, il est attendu de lui qu’il passe un cap, ce Giro est une bonne occasion de voir si il peut espérer mieux sur un Grand Tour, même si son début de saison ne joue pas en sa faveur. Rentré à la maison, après l’épisode Lampre / UAE Team Emirates, il sera intéressant également de voir si Meintjes développe un caractère plus offensif. L’espagnol Igor Anton et l’ancien pensionnaire d’Europcar Natnael Berhane seront là pour l’aider en montagne même si ils auront sûrement l’occasion de tenter leur chance. Il en est de même pour Ben O’Connor, le jeune australien de 22 ans, auteur d’un excellent Tour des Alpes et sur qui il faudra garder un œil attentif. Ryan Gibbons, auteur de six top 10 sur le Giro l’an dernier, revient se frotter aux meilleurs sprinters sur les routes transalpines. Benjamin King, Jaco Venter et Jacques Janse Van Rensburg seront eux tout à tour équipiers et offensifs pour être présents dans les échappées.

EF – Education First – Drapac

L’atout de l’équipe américaine se nomme Michaël Woods. Le canadien fait parler de lui après sa deuxième place sur Liège – Bastogne – Liège mais il s’était déjà distingué lors de la Vuelta 2017 avec une 7e place finale. Il s’agissait là de son premier Grand Tour, ce résultat qui pourrait alors être vu comme très encourageant est peut-être un trompe l’œil. Aujourd’hui âgé de 31 ans, il n’évolue dans le World Tour que depuis 2016, ce Tour d’Italie permettra donc vraiment de voir si cet ancien coureur venu au vélo sur le tard dispose de qualités durables sur les courses de trois semaines. EF Education First mise aussi sur Sacha Modolo, le sprinter italien s’était imposé à deux reprises sur le Giro 2015, faire aussi bien semble compliqué, une victoire d’étape serait déjà une belle prouesse. Pour cela il sera aidé de Tom Van Asbroeck, Tom Scully et Mitchell Docker. La formation de Jonathan Vaughters peut également faire valoir de jeunes grimpeurs offensifs avec Nathan Brown et Joe Dombrowski, 26 ans chacun, et Hugh Carthy, 23 ans, aucun d’eux ne semble taillé pour le classement général mais ils peuvent toucher le gros lot grâce une échappée au long cours.

Groupama – FDJ

L’idée est claire pour l’équipe de Marc Madiot : tout pour Thibaut Pinot. L’équipe Groupama – FDJ paraît en effet entièrement construite autour de son leader avec un groupe montagne : la recrue Georg Preidler, l’inusable Steve Morabito et enfin Sebastian Reichenbach, 15e sur le Giro l’an passé. Et un autre groupe pour le protéger et rouler dans la plaine : William Bonnet, Mathieu Ladagnous, Anthony Roux et celui qui raccrochera le vélo en fin de saison Jérémy Roy. Thibaut Pinot veut monter sur le podium et ainsi améliorer sa performance de l’an dernier avec une quatrième place. C’est bardé de confiance, après avoir triomphé sur le Tour des Alpes, et avec une certaine fraîcheur (simplement 14 jours de course depuis le début de saison) que Pinot se lance dans cette quête. L’attente est grande mais elle paraît logique au vu de ce qu’il a pu réaliser et de son niveau actuel, il faudra néanmoins batailler avec Froome, Dumoulin et Aru qui, sur le papier, semblent être les trois coureurs les plus forts au départ.

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Israël Cycling Academy

Premier Grand Tour pour cette équipe, qui s’élancera donc à domicile le 4 mai prochain dans les rues de Jérusalem, leurs débuts seront scrutés avec intérêt. Israël Cycling Academy fait valoir son recrutement ambitieux d’intersaison en alignant deux leaders avec Ben Hermans, le belge auteur d’un bon début de saison fait partie de ses coureurs toujours bien placés mais jamais en haut de l’affiche, une place dans le top 25 serait une belle performance. Mais aussi Ruben Plaza, le coureur de 38 ans, triomphant sur le dernier Tour de Castille et Leon pourrait viser une victoire sur une étape montagneuse en se glissant dans une échappée. Il faudra compter également sur le tempérament offensif du champion de Lettonie, Krists Neilands. Régulièrement à l’attaque, comme sur le Poggio, nul doute qu’on pourra le voir aux avants postes sur ce Giro. Israël Cycling Academy emmène également deux coureurs israéliens avec Guy Sagiv et Guy Niv, elle essayera également se distinguer sur les sprints avec l’italien Kristian Sbaragli, le canadien Guillaume Boivin et l’australien Zakkari Dempster seront présents pour le guider dans les arrivées groupées.

Katusha – Alpecin

C’est sans grandes prétentions que la Katusha se présente sur ce Tour d’Italie. Comme pour toute équipe délaissant le général ou sans sprinter majeur, les victoires d’étapes sont l’objectif. Vu le profil des huit coureurs emmenés, l’équipe sous pavillon suisse devra miser sur les échappées lors d’étapes de transition pour exister. Avec notamment Tony Martin, le champion d’Allemagne sur contre-la-montre, va participer à son deuxième Giro et visera peut-être le maillot rose lors de la première étape à Jérusalem mais le quadruple champion du monde du chrono semble néanmoins un ton en dessous dans ce domaine désormais. Il est accompagné de nombreux rouleurs : Maxim Belkov, Alex Dowsett, José Gonçalves, Viacheslav Kuznetsov, Maurits Lammertink et du jeune danois Mads Würtz Schmidt. Le belge Baptiste Planckaert essayera quand à lui de se glisser dans quelques sprints.

Lotto – Fix All

Oui, exceptionnellement il faudra parler de Lotto – Fix All, comme sur Paris – Nice 2017, plutôt que de Lotto – Soudal pour ce 101e Giro. Quelque soit son nome l’équipe belge ne se présente pas sur cette édition avec d’immenses ambitions et fera surtout la chasse aux étapes. Leur meilleur élément reste le puncheur Tim Wellens. Les arrivées de Caltagirone, Santa Ninfa et Osomio devraient être de très bons terrains de jeux pour lui. Jens Debusschere pourrait faire valoir sa rapidité sur les dernières étapes de plaine, après le premier écrémage des sprinters qui n’auront pas passé la montagne. Victor Campenaerts essayera de se distinguer sur les chronos, sans proposition de rendez-vous cette fois-ci. Sander Armée, Frederik Frison et l’éternel baroudeur Lars Bak viseront les échappées. L’australien Adam Hansen poursuit son incroyable série, il entame en effet son 20e Grand Tour d’affilée. Pourquoi pas une victoire d’étape pour couronner cette performance, comme il l’a déjà fait en 2013, en levant les bras en solitaire à Pescara, après une échappée fleuve sous des conditions dantesques.

Lotto NL – Jumbo

La formation batave arrive sur ce Giro avec des cartes pour jouer sur tous les terrains. Tout d’abord elle visera le classement général avec le néo-zélandais George Bennett. Le grimpeur kiwi reste sur une bonne dynamique avec un top 10 sur ses trois dernières courses à étapes (Tirreno – Adriatico, Tour de Catalogne et Tour des Alpes). Après un Tour de France et une Vuelta gâchés l’an dernier par des problèmes de santé alors qu’il figurait en bonne position au général, il tentera de se distinguer sur ce Giro avec notamment un style plus offensif par rapport aux saisons précédentes. Robert Gesink, qui se mue en équipier de luxe, et le jeune grimpeur néerlandais Koen Bouwman, vainqueur d’une étape sur le Dauphiné 2017 aideront Bennett mais pourraient tout aussi bien briller par eux-mêmes. Danny Van Poppel essayera d’en claquer une au sprint, Jos Van Emden lui voudra rééditer sa belle performance de l’an passé avec une victoire d’étape sur un chrono (celui de Milan) et Enrico Battaglin, déjà victorieux sur le Tour d’Italie en 2013 et 2014, doit songer à ajouter un nouveau bouquet à cette collection. Bert-Jan Linderman et Gijs Van Hoecke complètent la sélection des huit.

Mitchelton – Scott

Attention très grosse armada chez les australiens, menée par le colombien Esteban Chaves et le britannique Simon Yates, sur le papier il s’agit sûrement de l’équipe la plus solide avec celle de la Sky. Pour aider les leaders en montagne il y aura du beau monde : Roman Kreuziger, très en vue sur les Ardennaises, le toujours solide Mikel Nieve et aussi le jeune grimpe d’Italie. Sam Bewley, Christopher Juul-Jensen et le vétéran canadien Svein Tuft seront là pour protéger leurs leaders sur le plat.

Movistar Team

Eusebio Unzué a laissé les patrons à la maison, l’équipe espagnole arrive sans vrai leader sur ce Tour d’Italie. Le colombien Carlos Betancur pourrait endosser ce rôle mais son inconstance légendaire le dessert et son excellent Giro de 2013 (5e et Meilleur Jeune) semble bien lointain. La Movistar vise donc un ou plusieurs bouquets, leurs maillots bleus clairs seront vraisemblablement en vue sur les pentes italiennes avec une belle brochette de grimpeurs : Rafael Valls, Ruben Fernandez, Antonio Pedero, Victor De La Parte et Dayer Quintana. On observera avec attention les performances d’Eduardo Sepulveda, afin de savoir si l’argentin peut passer un cap avec sa nouvelle équipe. Mais le vrai coureur à surveiller sera l’équatorien Richard Carapaz, 2e de la Route du Sud l’an passé et bien en jambes sur ce début de saison (11e de Paris – Nice), le coureur de 24 ans pourrait profiter de cette absence de leader désigné pour se montrer sur ce Giro.

Quick – Step Floors

C’est sans pression aucune que l’équipe belge prend le départ de ce 101e Giro, avec 27 victoires au compteur la Quick – Step est la formation la plus prolifique de cette saison 2018. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne nourrit pas d’ambitions sur cette course, au contraire. Revanchard, vis à vis de sa non sélection avec la Sky sur le Giro 2017, Elia Viviani apparaît comme le meilleur sprinteur du plateau de ce Tour d’Italie. Il peut légitimement viser le maillot cyclamen sur cette édition. Il bénéficie en plus d’un excellent train avec comme derniers lanceurs Fabio Sabatini et Michael Morkov. Maximilian Schachmann et les français Rémi Cavagna et Florian Sénéchal seront là pour rouler auparavant. L’italien Eros Capecchi et le tchèque Zdenek Stybar auront carte blanche avec l’idée de faire grimper toujours plus haut ce nombre de victoires.

Team Sky

Les anglais débarquent sur la ligne de départ à Jérusalem avec une formation à faire pâlir d’envie tous les autres directeurs sportifs. Les équipiers de Chris Froome pour les étapes d’altitude pourraient tous être leaders dans d’autres formations. Avec le champion de Colombie Sergio Henao, le transfuge de la Quick-Step David De La Cruz, le français en très grande forme sur le Tour des Alpes Kenny Elissonde et finalement Wout Poels dont il sera intéressant d’observer la condition après son retour suite à sa fracture de la clavicule. Sur le plat, œuvreront le roule toujours Christian Knees, le local Salvatore Puccio et le souriant Vasil Kiryienka. Car c’est bien pour le britannique que tout ces coureurs travailleront, le quadruple vainqueur du Tour et lauréat de la Vuelta 2017 apparaît en effet comme le favori de ce Giro. Même si le contrôle anormal au salbutamol de Froome occupe bien sûr tous les esprits et parasite sa présence. Plus que sportivement, c’est peut-être mentalement qu’il pourrait perdre ce Tour d’Italie en ne parvenant pas à gérer ce contexte. Il paraît néanmoins étrange qu’il puisse se présenter sur ce Giro sachant qu’aucune décision sur ce dossier n’ait encore été prise.

Trek – Segafredo

C’est orpheline d’une vrai leader pour le classement général que la Trek – Segafredo prend le départ de ce Tour d’Italie. En effet que ce soit Jarlinson Pantano ou Gianluca Brambilla, aucun des deux ne semble avoir la carrure pour réaliser un top 10 général. Mais ils présentent le profil pour réaliser un coup d’éclat sur une journée, comme celui qui avait permis à Brambilla de se parer de rose à Arezzo en 2016. Boy Van Poppel sera là pour les sprints et l’irlandais de 23 ans, Ryan Mullen, disputera son premier Grand Tour. Au contraire des deux coureurs expérimentés Laurent Didier et Markel Irizar. Dans les huit de la Trek – Segafredo figurent également Mads Pedersen, l’une des révélations de la dernière campagne flandrienne, mais qui ne devrait pas forcément bénéficier du terrain pour s’exprimer, quoi qu’il pourrait nous surprendre. Lui aussi pourrait bien nous épater, le grimpeur danois Niklas Eg, 23 ans, semblait en jambes sur le dernier Tour de Croatie. Il pourrait, pourquoi pas, nous montrer un peu plus de l’étendue de son talent sur ce Giro.

UAE Team Emirates

La déception avait été grande pour Fabio Aru quand l’an dernier il avait dû renoncé à s’aligner sur le Giro 2017 à cause d’une blessure, il loupait alors là l’occasion de partir de chez lui en Sardaigne. Nul doute qu’il aimerait se rattraper cette année avec un podium, voir mieux une tunique rosa. Mais en est-il vraiment capable ? 5e du Tour l’an passé, son niveau en ce début de saison 2018 n’est pas forcément celui attendu pour l’instant. Il a 21 étapes pour corriger le tir. Aru a également de bons équipiers autour de lui avec Darwin Atapuma, Jan Polanc et le jeune italien Valerio Conti dont il faudra suivre la progression. En plus de ces trois grimpeurs sont présents Manuele Mori, Marco Marcato et Vegard Stake Laengen. Avec déjà six étapes sur le Giro à son palmarès Diego Ulissi sera également présent au départ et devrait se faire remarquer sur les étapes pour puncheurs.

Willier Triestina – Selle Italia

La formation italienne de Continental Pro pourra se montrer de deux façons, par le biais d’échappées matinales, comme à l’accoutumée, mais aussi sur les sprints. Le leader de cette équipe est en effet Jakub Mareczko, ce Giro sera justement un révélateur sur le cas de ce garçon. Si il dévore tout sur son passage sur les tours «secondaires» (Langkawi, Taihu Lake, Qinghai Lake et dernièrement sur le Tour du Maroc) il semble néanmoins un cran au dessous face aux sprinters du World Tour. Il est vrai, cependant, qu’en étant dans une équipe de l’échelon inférieur il ne peut pas se mesurer régulièrement aux Kittel, Viviani et consorts. Ce Tour d’Italie devrait lui permettre de se situer dans la hiérarchie mondiale du sprint malgré un plateau peu relevé. Seront présents également l’ancien de la Trek – Segafredo Marco Coledan, le vainqueur du classement à points sur le dernier Tirreno Jacopo Mosca, Liam Bertazzo, Edoardo Zardini, Eugert Zhupa et enfin Alex Turrin, appelé de dernière minute pour remplacer le capitaine de route de la formation italienne, Filippo Pozzato qui a déclaré forfait afin de rester au chevet de son père actuellement hospitalisé.