À 20 ans, Alexis Renard s’est emparé du titre de champion de France amateur, samedi 29 juin, à la Haye-Fouassière (Loire-Atlantique). Le coureur des Côtes-d’Armor a pris sa chance au dernier kilomètre. Il a faussé compagnie à ses compagnons d’échappée, pour s’imposer en solitaire. Maxime Urruty et Eddy Fine complètent le podium.

« Champion de France putain, champion de France ! » Les cris de son directeur sportif ne suffisait pas à lui faire réaliser ce qui lui arrivait. Alexis Renard a pourtant gagné. Seul, avec deux secondes d’avance sur des partenaires d’échappée qu’il a su laisser tomber, sous la flamme rouge. Car au sprint, il ne se voyait pas gagner.

Il s’agit de son deuxième succès cette saison. Âgé de 20 ans, Alexis Renard a pris son destin en mains, alors que la première partie de la course ne l’avait pas gâté. « J’ai eu pas mal d’ennuis mécaniques jusqu’à la mi-course, regrette-t-il. J’ai dû changer trois fois de vélo. Mais je n’ai jamais baissé les bras. » Il revient sur le groupe de tête, et se retrouve à jouer la gagne, avec dix autres coureurs.

Du foot, puis les croisés

Sa victoire, il la forge dans le dernier tour. Étudiant en DUT génie civil, Alexis Renard place son accélération dans le dernier kilomètre. Derrière ça flotte, et il est déjà trop tard. « Dans le dernier faux-plat, j’ai réussi à bien gérer. À la flamme rouge, je suis sorti seul, car je savais qu’au sprint ça ne le ferait pas. Dans le dernier kilomètre, j’ai juste pensé à appuyer fort sur les pédales. » Une victoire, alors qu’il y a quelques années, rien ne le destinait au vélo. Il jouait au foot, et se blesse gravement. Rupture des ligaments croisés. C’est en rééducation qu’il découvre le cyclisme. « Je me suis mis au vélo par défaut, admet-il. J’ai toujours bien aimé ça. J’ai tout de suite bien marché, ça m’a poussé à continuer. »

Pour le tout nouveau champion de France amateur, l’avenir va s’écrire loin des Côtes-d’Armor. Il va rejoindre Israël cycling academy, avec l’espoir de décrocher un premier contrat professionnel. « C’est ce que je recherchais. Une équipe étrangère et cosmopolite, pouvoir parler anglais. Il y a d’autres coureurs français, alors je ne pars pas dans l’inconnu. » Ambitieux, mais avec la tête sur les épaules, Alexis Renard pourra fêter son titre, avant d’aller vers de nouveaux horizons.

Réactions :

Alexis Renard, entouré de Maxime Urruty (à gauche), et d’Eddy Fine (à droite). (Photo : Arthur Pineau)

Maxime Urruty (Team pro Immo Nicolas Roux, 2e à 2 secondes) : « C’est un sentiment très mitigé. Sur le podium j’étais cotent d’être là, après quand on voit passer le maillot juste à côté… En VTT, tous les ans j’étais favori, et je passais à côté. Cette année, j’ai tout fait comme il fallait. Je suis récompensé par cette deuxième place, mais on veut toujours plus. Depuis le début de saison je tourne autour : soit je suis sur le podim, soit je me fait piéger. J’ai bien couru, je me suis retrouvé dans le premier gros coup. Celui qui a gagné a pris un gros relais appuyé, personne n’a voulu y aller. Je suis content d’être sur le podium. Après les médailles… Je ne me satisfais pas du tout de cette médaille d’argent. »

Eddy Fine (VC Villefranche Beaujolais, 3e à 2 secondes) : « C’est un sentiment mitigé. Ça reste un podium, mais je pense que je ne passe pas loin de la victoire. C’est un peu rageant, mais je ne peux pas dire que je suis déçu. Je m’attendais à subir en début de course.  Je me suis dit qu’avant les trois derniers tours il ne fallait pas bouger. Ce que j’ai réussi à faire. Je me retrouve dans la bonne. Je pensais que c’était possible de le faire. Je m’attendais à plus d’attaques dans le dernier tour. Je me suis dit que ça allait être nickel s’il n’y avait pas trop d’attaques. Et là, Alexis Renard attaque au dernier kilomètre et derrière y a un temps mort. Je voulais faire confiance à ma pointe de vitesse. Je suis toujours bien placé. Troisième, c’est déjà pas si mal. C’est la régularité qui paie. Cela prouve que j’arrive à bien gérer ma saison. C’est une course tellement difficile et imprévisible que troisième c’est déjà bien. »