Quel ennui cette première semaine ! Que d’étapes soporifiques ! Que ce parcours est mal fait ! Mais pourquoi les favoris ne se sont-ils pas attaqué ?! … En quelques mots je viens de vous résumer la teneur de nombreux messages sur les réseaux sociaux où il est désormais légion de juger dans l’immédiat sans prendre le temps d’analyser les choses, d’écouter les différents acteurs etc. Dites ? Et si on arrêtait de râler un peu ?

Plus que du cyclisme moderne, le Tour est victime de cette société médiatique de l’instantané qui veut que l’on doit tout commenter ou juger pour alimenter des discussions entre twittos ou encore, ces émissions où des chroniqueurs ont une forte dépendance à la polémique. Que diable ! Détendons-nous et si bilan nous aurions à faire, faisons le dans trois semaines une fois le Tour terminé. Bien sûr, il ne s’agit pas de dire ici que cette première semaine de course a été des plus excitantes. Mais comme le relève le journaliste Pierre Carrey sur Twitter, le Tour de France c’est du temps long, donc des temps morts.

Et cela n’a rien de nouveau, simplement le grand public le découvre par le prisme de la retransmission de toutes les étapes en intégralité. Si cette idée est une aubaine pour les collectivités locales, qui grâce au Tour bénéficient d’un formidable outil de promotion touristique, elle dessert totalement en revanche l’intérêt sportif. Cette première semaine en est l’illustration totale. Mais alors que faudrait-il faire ? Parce que oui, exprimer son mécontentement est une chose, mais proposer des solutions en est une autre.

Ce dimanche se termine donc la première semaine de course, avec en dessert un joli mini Paris-Roubaix. En partant d’Arras pour se diriger vers la cité nordiste, la course va s’offrir pas moins de quinze secteurs pavés, de quoi peut-être tirer des enseignements à l’arrivée et surtout, de quoi chambouler la course. C’est un marronnier, mais le célèbre « on ne gagne pas le Tour sur une telle étape, mais on peut le perdre » sera bien évidemment de sortie. Aujourd’hui la grande boucle va démarrer, pour de bon, mais les huit premiers jours de l’épreuve contrairement à une idée reçue, ne compteront pas pour du beurre. Ce n’est peut-être pas perceptible, mais cette première semaine va laisser des traces dans les jours à venir. Et les futurs événements de course aidant, nous aurons rangés au rang de l’anecdote ces premières étapes qui ont eu l’air de nous ennuyer, je vous en fais le pari. On en reparle dans deux semaines, lorsqu’il sera temps de faire le bilan de ce Tour de France ?