Et Fabio est Aru-vé. Bien pressé. Trop pressé de voir les Belles Filles pendant que les autres étaient à la Planche. Le champion d’Italie était impressionnant de facilité dans cette première épreuve de vérité pour les candidats au maillot jaune. Aru était cité parmi les favoris du jour. Même si les écarts ne sont pas énormes, son tour de force a payé. Au point de l’imaginer en jaune ? Et pourquoi pas ?

Pas besoin de rouler pour protéger le maillot jaune. Merci Richie !

Premier rendez-vous au sommet donc. Huit sont partis au charbon pour décrocher la timbale. Parce-que oui. Cette étape pouvait voir une échappée se jouer la gagne. De beaux noms dans ce groupe. Philippe Gilbert, Thomas De Gendt, Jan Bakelants, Thomas Voeckler, Edvald Boasson Hagen comme anciens vainqueurs d’étape. Cela a sans doute fait peur au peloton, qui n’a jamais laissé plus de 3 minutes et 30 secondes d’avance aux fuyards. Crainte ? Ambition surtout ! Les BMC ont roulé derrière pour contrôler. Signe d’un Richie Porte en bonne forme, et bien décidé à jouer le premier rôle sur cette étape. Du pain béni pour SKY. Pas besoin de rouler pour protéger le maillot jaune. Merci Richie !

Dès lors, l’échappée est vouée à l’échec. Dommage, ça avait de la gueule ! Mais bon. L’arrivée aussi, elle en a de la gueule. Celui qui a pris le maillot jaune lors des deux visites à la Planche des Belles Filles l’a emporté à Paris. Forcément, ces superstitions motivent. L’ascension finale fait naître de beaux songes. Rêve de victoire d’étape pour deux Belges. Gilbert et Bakelants sont désormais seuls. Mais c’est mission impossible. Dans le peloton, beaucoup sont passés par la fenêtre. Exit les sprinters, bonjour les grimpeurs. Échappée terminée, la bagarre peut commencer.

Il reste trois kilomètres. C’est le moment que choisit Fabio Aru pour s’enfuir.

Les attaques mettent du temps à venir. La faute à une élimination par l’arrière. Thibaut Pinot, Warren Barguil lâchent les premiers. Mollema est dans le dur également. Le premier à attaquer ? Lilian Calmejane. Très vite ramené dans le rang par le train de la SKY, avant de devoir lâcher prise à son tour. Le jeune Français paie son audace. Il reste trois kilomètres. C’est le moment que choisit Fabio Aru pour s’enfuir. Aucune réaction derrière. L’Italien s’envole. Froome est entouré par Nieve et Thomas. Porte ? Seul ! Beau résultat : ton équipe travaille toute la journée pour te laisser seul dans l’ultime difficulté. Pas sympa…

La bagarre, Froome la lance. Porte, Martin, Bardet le suivent. Quintana ne peut rien faire. Incroyable mais vrai. Une seule ascension a suffi à dessiner un schéma de la bataille pour le maillot jaune. Le Colombien paie sans doute son Giro. Contador lui non plus n’a pas suivi. Personne ne pouvait gagner le Tour ce mercredi, mais déjà, certains ont pris un coup au moral. Devant, Fabio se balade. C’est la balade du coureur Aru, un homme heureux. Dan Martin prend la deuxième place devant Froome. Porte se retrouve quatrième devant Romain Bardet. Cinquième jour de course, et déjà Froome est en jaune.

À Troyes, Démare rêvera de passer la deuxième.

La Planche des Belles Filles a offert du spectacle. Avec sa démonstration, Aru peut devenir le concurrent numéro 1 de Chris Froome. Richie Porte a affiché ses ambitions, sans succès. L’Italien est dans une forme étincelante. De quoi inquiéter les prétendants au général ? Possible. Répit pour eux. Retour aux sprinters. À Troyes, Démare rêvera de passer la deuxième. Ce Tour est une occasion pour les champions de se montrer. Après Sagan, champion du monde et d’Europe, et Arnaud Démare, champion de France, le champion d’Italie s’est imposé. Dans le peloton, certains doivent avoir la pression. La pression du champion.