[dropcap size=small]N[/dropcap]ous l’avons appris il y a peu, la nouvelle équipe de Marianne Vos et Katarzyna Niewiadoma s’appellera Fortitude Cycling prenant ainsi la suite de la Rabobank, désireuse de prendre du recul au sein du monde de la « Petite Reine ». Depuis son retour dans le peloton féminin en 2012, la formation sponsorisée par la plus célèbre des banques néerlandaises a laissé une empreinte indélébile dans le cyclisme féminin, au point même d’être en partie responsable de son développement.

2016 : La passation de pouvoir

Crédit Photo : AFP

Privée de ses leaders pour cette saison de cyclo-cross, la Rabo-Liv va profiter de l’émergence de Thalita de Jong pour accroître son règne dans les sous-bois. La Néerlandaise, bien que n’ayant pas réussie à lever les bras en Coupe du Monde, qui verra à nouveau Sanne Cant l’emporter, va monter en puissance, terminant 2ème lors de l’ultime manche à Hoogerheide où elle sera seulement battue par sa compatriote Sophie de Boer. Par la suite, la soeur de Demi de Jong, prit la lourde tâche de récupérer le maillot de championne des Pays-Bas de la discipline laissé vacant par Marianne Vos. Une semaine plus tard, la la native de Berg-op-Zoom (situé entre Rotterdam et Anvers) allait réaliser une démonstration de force pour s’adjuger, à Zolder, le titre mondial. Pour la troisième année consécutive les championnats du monde sacraient une troisième coureuse différente, pour la troisième année consécutive, la titrée appartenait à la Rabobank. Auréolée de son maillot arc-en-ciel, Thalita de Jong leva, par la suite, les bras à Saint-Nicolas pour le compte de la dernière manche du Trophée Banque Bpost. De quoi aborder sereinement la saison 2016.

Le mercato est peu agité, Mara Kastelijn, championne des Pays-Bas du contre la montre chez les juniors débarque dans la meilleure équipe du monde tandis qu’Anna Knauer rejoignit les rangs de Parkhotel Valkenburg. Par ailleurs, il faut aussi dire que l’équipe enregistre un retour de poids, celui de Marianne Vos, son emblématique leader qui n’a quasiment pas couru de tout 2015 et qui a de nouveau faim de victoire, bien qu’elle se satisfasse désormais de faire gagner celles qui, jadis, lui ont permis de devenir la « Cannibale ».

Sur le Het Nieuwsblad, Lizzie Armitstead, pas encore devenue Deignan est intraitable. La première Rabo-Liv : Lucinda Brand, ne peut faire mieux que 6ème dans le sprint du peloton des battues. De plus, les premiers résultats en World Tour, devenu l’héritier de la défunte Coupe du Monde, sont en demi-teinte, certes ils sont loin d’être catastrophiques, mais pour une équipe tant habituée à réaliser des doublés ou des triplés, ce léger retrait ne semble pas anodin, comme si l’annonce de la fin de la Rabobank s’était matérialisée en une épée de Damocles qui plantait au dessus la tête des coureuses. De plus, le titre mondial d’Elizabeth Armitstead avait donné une sacrée confiance à la Boels-Dolmans et la suite de la saison allait continuer dans ce sens. Lors des Strade Bianche qui, pour leur deuxième édition, apparaissaient au calendrier World Tour et dans lesquelles Anna van der Breggen et Katarzyna Niewiadoma n’avaient pu faire mieux que 5ème et 6ème l’année précédente, le duo polono-néerlandais pesa à nouveau sur la course. Présente dans le trio de tête, Katarzyna Niewiadoma dû rendre les armes face à une Lizzie Armitstead animée par ce sentiment d’invulnérabilité, le même qui a habité Marianne Vos pendant tant d’années. La future championne Olympique, elle, se contenta de la même place que l’an dernier. Sur le Tour de Drenthe, Chantal Blaak régla Gracie Elvin, Trixie Worrack et Anna van der Breggen qui échoua au pied du podium. De retour en Italie pour le Trophée Alfredo Binda, c’est à nouveau la championne du monde britannique qui se montra incroyable, pas encore portée par la malédiction de l’arc-en-ciel, Armitstead réalisa une dernière descente à tombeau ouvert pour revenir sur une Jolanda Neff qui confirmait alors ses bonnes dispositions sur route. Toujours grâce à son tandem, les Rabo-Liv durent se contenter des 6ème et 7ème place. Une semaine plus tard, Chantal Blaak poursuivit sur sa lancée en s’adjugeant en solitaire Gent-Wevelgem. De son côté, Lucinda Brand parvint à prendre la 3ème place de l’épreuve.

Il faut attendre le 30 mars pour voir le maillot floqué de la banque néerlandaise lever les bras, et comme un symbole ou du moins une délivrance c’est par l’intermédiaire de sa revenante : Marianne Vos que la lumière intervient. La championne Olympique de Londres remporte la Pajot Hills Classic au sprint devant Megan Guarnier et Lotta Lepistö. Pauline Ferrand-Prévot doit se contenter de la médaille en chocolat. Après un Tour des Flandres qui s’est joué au terme d’un final haletant entre Lizzie Armitstead et Emma Johansson et où la Rabobank mit deux de ses coureuses dans le top 10 grâce à Pauline Ferrand-Prévot 8ème, et Katarzyna Niewiadoma 10ème. C’est à Zwolle, ville natale d’Anna van der Breggen que la Rabobank remporte sa deuxième victoire de la saison, grâce à cette dernière justement, pour le compte de la Salverda Omloop van de IJsseldelta. Le lendemain, sa coéquipière et amie Kasia Niewiadoma venait s’imposer sur le Ronde van Gelderland. En forme, le duo allait être difficile à manoeuvrer sur une Flèche Wallonne dont l’équipe était la triple tenante du titre.

Cette Flèche Wallonne se résume à un duel d’anciennes lauréates de l’épreuve : Evelyn Stevens, sacrée en 2012 et Anna van der Breggen, la vainqueur sortante. Un cran au-dessus de toutes, le duo ne parvient à se départager que lors du dernier kilomètre. Dans les pourcentages les plus difficiles de l’ascension du Mur de Huy, van der Breggen distance Stevens et remporte-là sa deuxième Flèche Wallonne consécutive. Une performance que seules Fabiana Luperini, Nicole Cooke et Marianne Vos avaient réalisée jusque-là. Cet exploit est à souligner car toutes celles qui l’ont réalisé ont remporté le Giro au moins une fois dans leur carrière. Devenu le terrain de jeu officiel des Rabo-Liv, le classement de cette édition va confirmer l’emprise de l’équipe sur l’épreuve, Niewiadoma termine au pied du podium tandis que Vos prend la 9ème place. Quelques jours plus tard, lors du Dwars door de Westhoek, alors que Marianne Vos s’apprête à ajouter une nouvelle victoire à son palmarès déjà bien fourni, la « Cannibale » chute dans l’emballage final, comme un signe du destin lui signifiant que jamais plus elle ne serait intouchable.

Début mai, le Festival Elsy Jacobs ne déroge pas à la routine habituelle du mythique maillot orange. Kasia Niewiadoma vient prendre le relai de ses prédécesseurs qu’étaient Marianne Vos et Anna van der Breggen et s’adjuge le général suite à son succès lors de la dernière étape. Après une victoire qui ira satisfaire le sponsor lors du Rabobank 7-Dorpenomloop Aalburg, Vos allait poursuivre sur sa lancée en remportant la 3ème étape du Tour de Californie, sa première victoire à ce niveau (World Tour ou Coupe du Monde) depuis le Sparkassen Giro 2014, soit 657 jours passés sans avoir pu lever les bras sur les plus grandes épreuves du calendrier, une éternité pour une Marianne Vos qui commence-là en cette année 2016 une seconde vie de coureuse cycliste. De retour en Angleterre pour le Women’s Tour qu’elle avait remporté en 2014, Vos se rappelle au bon souvenir en s’adjugeant la 4ème et dernière étape néanmoins, tout n’est pas à la fête dans le bus Rabo-Liv au soir de la course. En effet, Anna van der Breggen a chuté et s’est blessée, la Néerlandaise sera même contrainte de renoncer à défendre sa couronne sur le contre la montre du championnat des Pays-Bas et voit sa préparation pour le Giro Rosa tronquée. Dans le même temps, au pays du Giro justement, sur le Tour du Trentin, l’équipe articulée autour de Kasia Niewiadoma se fait plaisir en réalisant le grand chelem, la Polonaise s’adjuge la première étape, le lendemain, la Rabobank s’adjuge le contre la montre par équipe que Thalita de Jong qui, quelques semaines plus tard ira sauver le Giro de sa formation, viendra conclure le bal.

Comme chaque année, les championnats nationaux permettent à l’équipe de bien se préparer pour le Tour d’Italie, et c’est en confiance que Katarzyna Niewiadoma ira aborder la Corsa Rosa, forte de son précédent succès dans le Trentin, la Polonaise s’adjuge les titres aussi bien sur le contre la montre que sur route. De leurs côtés, les Néerlandaises ne parviennent pas à réaliser les grands chelems de 2014 et 2015 mais conservent tout de même le titre majeur, par l’intermédiaire d’Anouska Koster. Le Giro pointe alors le bout de son nez. Le prologue à Gaiarine commence bien, si Leah Kirchmann est la première à se parer de la maglia rosa, Thalita de Jong et Anna van der Bregen lui embrayent le pas. Néanmoins, le lendemain va voir la tenante du titre prendre du retard sur ses rivales pour le général. La future championne Olympique termine dans un groupe à 41 secondes de Giorgia Bronzini, vainqueur de l’étape, et qui a notamment réglé des coureuses comme Megan Guarnier qui s’empara du maillot rose, Kasia Niewiadoma, Claudia Lichtenberg, ou Tatiana Guderzo. A Montenars, lieu d’arrivée de la 2ème étape, Evelyn Stevens remporte la première de ses trois victoires sur cette édition en réglant Elisa Longo Borghini. Niewiadoma est placée tout comme Mara Abbott. De leurs côtés, Guarnier et Lichtenberg concèdent 24 secondes. Pour van der Breggen, l’addition est plus salée puisqu’elle perd 33 secondes dans l’affaire, la voilà reléguée à plus d’1 minute 10 d’Evelyn Stevens, nouvelle leader de l’épreuve. La 3ème étape offrait un peu de répit au peloton et a vu la victoire, au sprint de Chloe Hosking, pas encore sacrée Reine de France sur les Champs Elysées. Le lendemain, la donne est la même mais cette fois, ça sourit à Tiffany Cromwell, l’Australienne remporte sa première étape sur le Giro depuis 2012. La 5ème étape est le théâtre de l’ascension du terrible Mortirolo, sur les pentes de ce col aussi mythique que difficile, Mara Abbott est sur une autre planète, seule une chute sans gravité dans le final lui fera perdre du temps, et peut-être même le Giro, sur le groupe des poursuivantes réglé par sa coéquipière Elisa Longo Borghini, à presque 40 secondes. Du côté de la Rabobank, c’est la soupe à la grimace, Katarzyna Niewiadoma voit ses chances de victoire  finale et de podium s’envoler. Dans un jour sans, la Polonaise concède près de 4 minutes et 30 secondes sur la lauréate des éditions 2010 et 2013, van der Breggen concède encore plus d’1 minute et 30 secondes sur la vainqueur du jour. La 6ème étape allait voir une nouvelle favorite perdre tout espoir de victoire finale, Elisa Longo Borghini vit un calvaire, elle franchira la ligne d’arrivée avec près de 17 minutes de retard sur la lauréate de l’étape qui n’est autre qu’Evelyn Stevens. Le duo américain de la Boels-Dolmans  : Stevens-Guarnier continue de marquer ce Giro au fer rouge, si la première l’emporte, 6 secondes plus tard suit sa coéquipière et compatriote qui reprend du même coup la maglia rosa au détriment de Mara Abbott qui concède 53 secondes dans la bataille. van der Breggen, 3ème de l’étape commence, quant à elle, à montrer des signes d’améliorations après un début de Tour d’Italie difficile. Lors du contre la montre qui faisait office d’antépénultième étape de ce Giro Rosa, Evelyn Stevens va continuer sa belle semaine en remportant sa troisième étape. 4 secondes derrière, c’est Anna van der Breggen  qui réalise une belle opération, la Néerlandaise parvient à grimper sur le podium du général, ce qui semblait inespéré en début d’épreuve. Présente dans le même temps, Elisa Longo Borghini pourra nourrir des regrets car elle aurait probablement jouée la gagne jusqu’au dernier jour sans sa défaillance de la veille. A Legnano, Giorgia Bronzini nous prouve encore une fois qu’elle est une fuoriclasse du sprint. Enfin, la dernière étape voit la victoire de Thalita de Jong, qui sera la seule Rabo-Liv à lever les bras sur ce Giro. Au niveau du général, Megan Guarnier prend une belle revanche sur 2015, l’Américaine l’emporte devant sa coéquipière Evelyn Stevens pourtant auteure d’un Giro exceptionnel et Anna van der Breggen qui monte sur le podium de l’épreuve pour la troisième année consécutive. C’est d’ailleurs la dernière course de la Néerlandaise qui a décidé de faire l’impasse sur les paillettes et la gloire des Champs Elysées qu’elle a connues l’an dernier pour s’envoler vers le Brésil et Rio plus précisément.

C’est donc en compagnie de son emblème qui faisait par la même occasion son retour sur la plus belle avenue du monde, que la Rabo-Liv allait aborder la 3ème édition de la Course by le Tour, qui, on ne le sait pas encore, sera la dernière dans ce théâtre de strass et paillettes que sont les Champs Elysées. Comme en 2014, la course se joue au sprint mais à la différence de 2014, Vos n’est plus invincible. Forte de son bon Giro Rosa, Chloe Hosking l’emporte devant Lotta Lepistö, la « Cannibale » parvient tout de même à compléter le podium. Une semaine plus tard se déroulait la Prudential Ride London Grand Prix WE, au sprint c’est Kirsten Wild qui s’est montrée la plus véloce, de leur côté, les Rabo-Liv doivent se contenter des places d’honneurs de Lucinda Brand 4ème et Anouska Koster 7ème. C’est en Allemagne à l’occasion du Tour de Thüringe que Marianne Vos a, le temps de trois étapes, retrouvé son appétit de cannibale, elle finira même devant Olga Zabelinskaya lors du contre la montre qui sera pourtant médaillée d’argent dans la discipline quelques jours plus tard au Brésil. Une performance qui a de quoi rassurer son équipe nationale car si elle n’est plus la reine, Marianne Vos n’en demeure pas moins un lieutenant que peu d’équipes peuvent se targuer d’avoir.

A Rio, au sein d’une équipe dont il est plus dur d’être appelée que d’être leader, les Pays-Bas alignaient l’artillerie lourde : Anna van der Breggen, Ellen van Dijk, Annemiek van Vleuten et Marianne Vos. Soit trois coureuses ayant porté le mythique maillot orange. Sous ce maillot « Oranje », Annemiek van Vleuten va longtemps croire en sa bonne étoile. Auteure d’une course parfaite, peut-être même la plus grande de sa carrière, la lauréate de la Coupe du Monde 2011 se retrouve seule en tête en compagnie de Mara Abbott. La Néerlandaise parvient à distancer l’Américaine dans la descente et file vers un titre Olympique qui lui est promis et qui effacerait  alors les démons de Ponferrada survenus deux ans plus tôt et qui la priva d’un potentiel titre mondial. Mais, il était écrit que le syndrome néerlandais allait refaire surface… Dans cette même descente, van Vleuten va être victime de ce qui fait la beauté et la cruauté de ce sport. La Batave chute et voit ses rêves d’or Olympique réduit à simple illusion. Abbott est désormais seule devant mais n’est pas sereine, elle est poursuivie par un trio royal constitué d’Emma Johansson, Elisa Longo Borghini et Anna van der Breggen. Ensemble, le trio signe un pacte de non-agression jusqu’à ce que la vainqueur du Giro Rosa 2010 et 2013 soit rattrapée, ce qui arrivera dans les ultimes mètres de l’épreuve. Victime de son gabarit de pure grimpeuse, Mara Abbott est broyée et c’est au sprint qu’Anna van der Breggen vient prendre la succession de Marianne Vos à l’issue d’une course légendaire par son scénario. Quelques jours plus tard, la Néerlandaise ne parviendra pas à réaliser un doublé qui aurait été historique mais se pare tout de même de bronze.

Durant cette quinzaine Olympique, c’est en Norvège qu’il faut aller pour revoir l’image du maillot de la Rabobank triompher. Sur un terrain apprécié (la Rabo-Liv avait réalisé un triplé sur l’épreuve en 2014), Lucinda Brand et Anouska Koster vont chacune se distinguer, la première en faisant coup double lors de la 2ème étape puisqu’elle prendra la tête du général et ne la lâchera plus et la seconde en s’adjugeant la dernière étape de l’épreuve nordique.

Le folklore des JO à peine digéré, Anna van der Breggen était du voyage en Suède pour l’Open de Vargarda. A contrario de l’an dernier, le train orange constitué de : Shara Gillow, Roxanne Knetemann, Anouska Koster, Moniek Teniglo et de Marianne Vos, en plus de la nouvelle championne Olympique, ne pu faire mieux que 3ème, très loin derrière la Boels-Dolmans devenue l’équipe référence aux Pays-Bas et, par conséquent, à l’international. Deux jours plus tard, Shara Gillow, présente dans le groupe de 9 qui se dispute la gagne est la moins rapide au sprint et doit se contenter de la 9ème place. Auteure d’un gros final en compagnie de Dani King, Roxanne Knetemann vient, quant à elle, compléter le top 10. Six jours plus tard, à Plouay,  pour ce qui est l’ultime course de la Rabo-Liv en World Tour, Kasia Niewiadoma va se montrer offensive, très offensive, trop offensive,… La Polonaise paye son panache dans l’emballage final et échoue au pied du podium d’une épreuve remportée par Eugenia Bujak.

Quelques jours plus tard, le Boels Rental Ladies Tour sera l’avant dernière occasion, l’antépénultième en comptant les Championnats d’Europe, de voir une coureuse de la Rabo-Liv lever les bras. A deux reprises, Katarzyna Niewiadoma parviendra à l’emporter. Insuffisant cela dit pour s’adjuger le général ni même pour figurer sur le podium de l’épreuve puisqu’elle prendra la 5ème place au final, devançant de deux rangs son amie van der Breggen. Le Tour de Belgique sera la dernière course à étapes de la Rabobank et elle commence de la meilleure des manières avec le succès de Lucinda Brand puis avec celui de Marianne Vos le lendemain, qui sera d’ailleurs la dernière victoire de cette équipe mythique. Comme un symbole, celle qui avait lancée l’aventure Rabobank quatre ans auparavant grâce à sa victoire sur le Tour de Drenthe, la conclue tel un livre qu’elle referma après l’avoir entamé quatre ans plus tôt.

Néanmoins, si la Rabo-Liv en a fini de lever les bras, les Championnats d’Europe et les Championnats du monde sont là l’occasion de dire un dernier, ou du moins avant-dernier, au revoir à ce maillot devenu culte. A Plumelec, les Rabobank font le spectacle au sein de leur équipe nationale respective. Comme à Rio, Anna van der Breggen continue d’écrire sa belle histoire avec le maillot « Oranje » et devient sacrée championne d’Europe, quelques jours seulement après avoir décroché l’argent sur le contre la montre, juste devant Katarzyna Niewiadoma, son amie et qui conserve d’ailleurs le titre chez les U23. Elisa Longo Borghini compléta le podium, comme au JO. Puis, c’est au Qatar, dans des Mondiaux aussi triste que magnifique, à l’image du dernier adieu de cette Rabo-Liv par rapport à tout ce qu’elle a accompli depuis 2012, qu’il était temps de conclure l’histoire entre la Rabobank et le cyclisme féminin..

Sur le contre la montre par équipe, comme chaque année, l’équipe va jouer le podium mais à l’instar de 2014, une chute va venir contrecarrer le plan initial. Cette fois, c’est au tour d’Anouska Koster de goûter le bitume. Choquée, blessée, la Néerlandaise met du temps à se relever et ne parvient pas à remonter immédiatement sur sa machine. Mais finalement, quelques longues et interminables minutes plus tard, telle une guerrière qui ne renonce jamais, la championne des Pays-Bas parvient à remonter sur son vélo et à terminer l’épreuve en compagnie de ses coéquipières qui l’avaient attendu. Un événement qui fit presque passer la fin du règne de la Canyon-SRAM dans l’épreuve au profit de la Boels-Dolmans  au second plan car dans ce contre la montre par équipe, cet exercice hors du commun, la Rabobank a une nouvelle fois montré qu’elle était une équipe hors du commun. Le contre la montre, lui, sera une déception, Anna van der Breggen est hors du coup et concède plus de 2 minutes à Amber Neben. Pour la course en ligne, les Pays-Bas étaient articulés autour de Kirsten Wild qui, victime du fameux syndrome néerlandais, échoua face à Amalie Dideriksen qui permit à la Boels-Dolmans de conserver ce maillot arc-en-ciel acquit l’an dernier à Richmond.

Ainsi, la Rabobank laissera derrière elle un héritage énorme fort de cent cinquante sept victoires dont deux titres Olympiques et de multiples titres de championnes du monde, et à l’heure où je m’apprête à dire un dernier au revoir à cette équipe qui m’a tant marqué, je me devais de rappeler à quel point ce qu’a fait cette formation au cours de ces dernières années est unique et probablement inégalable.

Bilan

Et si une bonne partie de l’effectif actuel a juré fidélité à la « Cannibale » du cyclisme  féminin en étant de l’aventure Fortitude, d’autres coureuses, devenues emblématiques au fil du temps ont quant à elles décidé de voler de leurs propres ailes sous des cieux nouveaux rejoignant la FDJ, Canyon ou encore en venant renforcer les rangs des compatriotes de la Boels – Dolmans ou bien ceux de la Liv Plantur. Dans un futur qui s’inscrit loin de ce maillot maculé de blanc, d’orange et d’arc-en-ciel…