[dropcap size=big]L[/dropcap]a fameuse malédiction du maillot arc-en-ciel revient nous hanter, il faut dire que cette dernière nous avait bien laissé tranquilles cette saison mais il fallait qu’il en soit autrement à trois jours de l’ouverture de la plus grande fête du sport que sont les Jeux Olympiques…

Récapitulons les faits, Elizabeth Armitstead, pensionnaire de la formation Boels-Dolmans, vice-championne Olympique en titre, double lauréate de la Coupe du Monde et actuellement en possession du maillot arc-en-ciel a été suspendue provisoirement pour 3 no-shows (vous trouverez ci-joint le règlement de l’UCI dédié au sujet). L’ensemble de ces no-shows comme nous l’indique l’article 2.4 du règlement de l’UCI est une « combinaison de trois contrôles manqués et/ou manquements à l’obligation de transmission d’informations sur la localisation, tels que définis dans le Standard international pour les contrôles et les enquêtes, pendant une période de douze mois, de la part d’un coureur faisant partie d’un groupe cible de coureurs soumis aux contrôles. » (sic) Et quelles peuvent être les répercussions de ces manquements aux règles de localisation de l’athlète ? L’article 10.3.2 du règlement de l’UCI nous indique que : « Pour les violations de l’article 2.4, la période de suspension sera de deux ans. Cette période de suspension pourra être réduite, au plus, de moitié, en fonction du degré de la faute du coureur. La flexibilité entre deux et un an de suspension au titre du présent article n’est pas applicable lorsque des changements fréquents de localisation de dernière minute ou l’identification d’autres conduites laissent sérieusement soupçonner que le coureur tentait de se rendre indisponible pour des contrôles. » (sic) Mais ce qui fait grincer des dents n’est pas tant la mégarde de l’actuelle championne du monde bien qu’elle soit la principale responsable de la situation mais la décision du Tribunal Arbitral du Sport qui a décidé de relaxer la tête d’affiche du cyclisme féminin en Grande-Bretagne. De ce fait, la Britannique pourra prendre part à l’épreuve en ligne des Jeux de Rio.

Reprenons depuis le début. Elizabeth Armitstead a manqué à trois reprises aux règles concernant la localisation du coureur cycliste. Le premier a eu lieu durant l’Open de Vargarda, le deuxième quant à lui est arrivé quelques semaines après, à la date du 5 octobre plus précisément, et enfin le troisième, le 9 juin dernier. Suite à cela, l’UKAD (l’agence anti-dopage britannique) a menée son enquête et avait initialement prévu de suspendre la lauréate des deux dernières Coupes du Monde pour deux saisons comme le dit le règlement. Si la championne du monde a assumé sa responsabilité quant aux deux derniers manquements, ce n’est en revanche pas le cas pour le premier où, soutenue par sa fédération, la Britannique a obtenu gain de cause auprès du TAS après avoir reproché au contrôleur de ne pas avoir suivi la démarche habituelle afin de relever l’échantillon de la cycliste dans l’hôtel où elle et son équipe étaient logées. Sa suspension provisoire ayant désormais pris fin suite à la décision du Tribunal Arbitral du Sport, c’est en favorite que Lizzie Armitstead arrivera à Rio.

Mais ce « cas Armitstead », si je peux me permettre de l’appeler ainsi, m’interpelle dans la mesure où je me questionne sur le traitement qui aurait été le sien si d’aventure elle avait eu la malchance d’être Russe. Il est toujours plus simple de salir sa réputation que de la conserver et l’exemple d’Elizabeth Armitstead ne donne pas une bonne image du  cyclisme et de sa lutte contre le dopage. De mon point de vue, je ne demande qu’à la croire lorsqu’elle prétend qu’elle n’est pas fautive sur l’un de ses no-show mais le problème n’est pas là dans la mesure où d’autres coureurs n’ont pas bénéficié d’une telle clémence à ce sujet et ont été lourdement sanctionnés. Comme l’a si bien conclue Nicole Cooke dans son billet relatant l’affaire : « Des règles équitables doivent être appliquées de façon équitable, en tout temps, pour tous les athlètes ».

 Médaillée ou non, Elizabeth Armitstead est d’ores et déjà la grande perdante des Jeux.