Journaliste à Libération, et fondateur du site directvelo, Pierre Carrey signe un livre sur le Tour d’Italie. Il paraît ce jeudi 25 avril. Intitulé Giro, il est le premier ouvrage français sur le grand tour qui se déroule de l’autre côté des Alpes. De quoi en apprendre beaucoup sur cette course qui attire de plus en plus.

Cela aurait pu être un énième ouvrage sur le cyclisme. Un livre qui se perd dans les rayons, sur un coureur bien particulier, sur l’histoire (toujours aussi intéressante) du Tour de France, ou encore sur le maillot jaune, qui fête ses cent ans cette année. Mais celui-ci sort du lot. Outre sa couleur rose, permettant de s’échapper entre ses « cousins », le livre signé par Pierre Carrey se distingue car il aborde le Tour d’Italie. Une première en France. De quoi réjouir les fans de vélo, voire même de sport.

Très vite, le lecteur en apprend plus sur les origines de la course. Ses premières années, les difficultés auxquelles elle fait face. Un récit narré comme il se doit, et qui se lit avec une grande facilité. Facile, car l’auteur parvient, très vite, à captiver. À travers les premiers exploits du Giro, ses drames, son rapport avec son public. C’est également une façon de mettre en relief l’histoire de l’épreuve et celle du pays. Un chapitre consacré au Giro à l’époque de Mussolini et du fascisme permet de voir comment la course peut devenir un jouet politique.

Un voyage dans l’Italie, à travers la course et les époques

Giro aborde la course à travers des lieux mythiques, capables de sublimer ses héros. Dolomites, Stelvio, Mortirolo… Des endroits qui ont laissé (et qui laissent encore aujourd’hui) leur marque sur l’épreuve. Grâce à leur difficulté, mais aussi grâce – ou à cause – des conditions climatiques, qui, des fois, accompagnent le passage des coureurs. Un récit agrémenté d’extraits de presse, que ce soit la Gazzetta dello sport, ou L’Équipe, pour ne citer qu’eux. Mais pas que. Des paroles de ceux qui ont fait la course. Les coureurs, directeurs sportifs, ou même organisateurs, comme Vincenzo Torriani, qui a dirigé l’épreuve pendant près d’un demi siècle. Des citations qui aident le lecteur à se rapprocher encore plus de l’histoire du Tour d’Italie.

Pour un premier ouvrage, qui fait suite à la plus grande visibilité ce ce grand tour depuis sa diffusion sur la Chaîne L’Équipe, la télé gratuite, on en apprend énormément. Le Giro, c’est cette course qui précède d’un mois le Tour de France. La première course de trois semaines de la saison. Mais depuis quelques années, le Tour d’Italie, c’est cette épreuve qui fait vibrer. Qui impressionne par ses cols exigeants. Qui offre un spectacle parfois plus captivant que son grand frère français. À travers ses parcours, mais aussi les coureurs qui ont fait sa légende.

Duels et campionissimo

En cela, l’ouvrage est une mine d’or. Car si chacun peut aller voir le palmarès du Tour d’Italie sur n’importe quel site, Pierre Carrey va plus loin. Abordant les différents duels entre Italiens, ou coureurs étrangers. Les mises en scène et arrangements, aussi, pour favoriser tel coureur face à un autre. Les affaires de dopage, qui ont accompagné la course, comme de nombreuses autres. Des bras de fer entre Coppi et Bartali, l’identité du premier campionissimo, les performances d’Anquetil, ou encore le rapport entre Laurent Fignon et le Giro, avec son fameux hélicoptère. De quoi se régaler pendant plus de 300 pages. Avec, en prime, une postface signée Thibaut Pinot, qui s’exprime sur son rapport à la course. Un témoignage qui vient illustrer ce que le récit aborde pendant une vingtaine de chapitres.

Bilan des courses : un premier ouvrage sur le Tour d’Italie réussi, qui en appelle d’autres, sur des moments précis de l’histoire de cette course, pourquoi pas. À quelques semaines du départ de l’épreuve à Bologne, ce livre de Pierre Carrey est ce qu’il manquait pour offrir, encore, une plus belle notoriété au Giro. À lire sans se retenir.

Giro, de Pierre Carrey, chez Hugo Sport, disponible en librairie, 19,95 €.