Alors qu’il reste trois jours pour connaître le dénouement de l’édition 2018 de Paris-Nice, le cahier d’histoire du Dérailleur fait son retour en vous proposant de revenir vingt ans en arrière et la victoire du coureur phénomène de l’époque, Frank Vandenbroucke.

La fiche de l ‘épreuve

65e Paris-Nice¹, disputé du 8 mars au 15 mars 1998 en 8 étapes :
1 Suresnes-Paris, 10.2 km CLM
2 Montereau-Sens, 170.2 km
3 Sens-Nevers, 195.8 km
4 Nevers-Vichy, 194.5 km
5 Cusset-Col de la République, 113 km
6 Montélimar-Sisteron, 189 km
7 Sisteron-Cannes, 223 km
8 Nice-Nice, 161.4 km
Distance totale : 1295 km
18 équipes engagées
Partants : 143
Classés : 121

¹ à l’époque, Monde 6 qui organisait Paris-Nice comptabilisait les éditions de la course courues entre 1933 et 1953 sous les noms successifs de 6 jours de la route; Paris-Côte d’Azur et Paris-Méditerranée. Ce n’est qu’en 1954 que la course prit le nom de Paris-Nice (sauf en 1959 qui fut l’année de Paris-Nice-Rome) et c’est en 2002 qu’ASO, qui reprit l’organisation de la course, rectifia  la numérotation des éditions. 

Le contexte

Il a longtemps été dit que Laurent Jalabert était une sorte de Sean Kelly à la française, notamment depuis le premier maillot vert conquis par le mazamétain sur le Tour de France 1992. Coureur rapide, capable de frotter avec les meilleurs sprinteurs au début de sa carrière professionnelle, Jalabert possédait à l’instar de son prestigieux aîné irlandais, de belles facultés en moyenne montagne déjà affichées lors de la fin de son parcours chez les amateurs. Ce lien avec Sean Kelly fut marqué définitivement par le premier succès en 1995 du français au classement général de Paris-Nice. Et là où dans les années 80, la course au soleil était placée sous le règne de Sean Kelly, septuple vainqueur de 1982 à 1988, depuis le milieu des années 90 elle est sous celui de Jalabert qui, au départ de l’édition 1998, était sur une série de trois victoires consécutives. A Suresnes, rampe de lancement de la première étape contre-la-montre est donné en direction de l’avenue Foch à Paris, le mazamétain apparaît comme le favori légitime de cette course au soleil, malgré une grippe qui l’avait handicapé lors de sa préparation. Face à lui ? Une équipe Festina qui se présente pour la première fois avec son nouveau duo de leader formé par le désormais peroxydé Richard Virenque accompagné de son nouveau co-équipier, Alex Zülle. Le suisse, vainqueur en 1993 de Paris-Nice compte bien jouer ici les premiers rôles et marquer ainsi son territoire au sein de sa nouvelle équipe, qui compte également de beaux outsiders avec Laurent Dufaux ou Christophe Moreau. Toujours parmi les équipes françaises, la formation Casino terriblement en verve depuis le début de la saison, compte bien faire de feu de tout bois tout au long de la semaine avec ses attaquants comme Rodolfo Massi ou Pascal Chanteur (vainqueur d’étape à Clermont-Ferrand l’année précédente), la chasse aux étapes étant son objectif principal. A propos d’étapes, celui qui fit une razzia sur les sprints massifs l’édition précédente, Tom Steels, est également attendu pour animer la semaine mais dans son équipe, la puissante Mapei-Bricobi, on garde un œil sur Franck Vandenbroucke, longtemps annoncé comme le nouveau prodige du cyclisme mondial. Celui que l’on appelle déjà « VDB » arrive sur la course au soleil avec de grosses ambitions. Enfin, une des grosses attractions de ce Paris-Nice réside dans la présence au départ d’un véritable miraculé de la vie, l’américain Lance Armstrong. Celui qui vient de vaincre le cancer a fait un retour remarquable sur sa course de rentrée, la Ruta del Sol, quelques semaines avant Paris-Nice. En finissant dans le top 15 lors de l’étape reine de cette épreuve, Armstrong forçait à ce moment-là l’admiration de la planète cycliste et cette semaine de course en France avait déjà valeur de révélateur quant aux ambitions de l’américain pour sa première saison post-maladie.

Les temps forts

C’est avec une petite vacherie que débute ce Paris-Nice, qui au départ de son contre-la-montre inaugural, propose les pentes du Mont Valérien en guise de juge de paix. Et dans ce haut-lieu de la mémoire nationale, Frank Vandenbroucke entame une première démonstration. Sur les sévères pourcentages des Hauts-de-Seine, VDB paraît facile, ses longues jambes avalant avec vélocité la courte, mais très pentue, montée vers le Mémorial de la France combattante. Sur la ligne, après seulement 10,2 kilomètres de course, les écarts sont impressionnants. Si Jalabert limite les dégâts en terminant à sept secondes de Vandenbroucke, derrière eux Bruno Boscardin, troisième, pointe à vingt secondes. Alex Zülle lui perd vingt et une secondes, Armstrong finit honorablement à la vingt-deuxième place, mais débourse déjà quarante et une secondes par rapport au nouveau porteur du maillot blanc. Ce maillot sur les épaules du belge est le premier événement de cette course au soleil, car depuis la troisième étape à Chalvignac en 1996 de Paris-Nice et donc quasiment près de deux éditions , celui-ci n’avait jamais quitté les épaules de Laurent Jalabert. Un premier tournant ?

« Même si Jalabert m’a toujours été supérieur dans les côtes et la chasse aux bonifications, je suis prêt à défendre ma position jusqu’au bout. »

Franck Vandenbroucke à l’arrivée de la première étape.

Si tirer de tels enseignements après seulement cette première étape semblait prématuré, dès la deuxième étape en direction de Sens, Vandenbroucke démontre qu’il compte bien dominer ce Paris-Nice et mettre fin à la série de victoire de Laurent Jalabert. La chasse aux bonifications dont le mazamétain était le spécialiste ? VDB n’en a cure, car même si il sait que Jalabert peut être redoutable dans cet exercice, le belge prend le français à son propre jeu : « Même si Jalabert m’a toujours été supérieur dans les côtes et la chasse aux bonifications, je suis prêt à défendre ma position jusqu’au bout. » Sur un circuit final très escarpé, émaillé par la côte du Paron et ses passages à 12 % à parcourir quatre fois, le porteur du maillot blanc renforce sa position en prenant la troisième place de l’étape derrière un équipier de Jalabert, David Etxebarria et l’estonien Lauri Aus : « J’ai été impeccable ! » fanfaronne le leader qui repousse Jalabert de cinq secondes supplémentaires au général. Voilà le mazamétain prévenu. Mais un autre événement marque cette étape entre Montereau et Sens, c’est l’abandon de Lance Armstrong. Lâché dans cette étape marquée par un vent fort, après avoir aidé son ami Georges Hincapie victime d’une crevaison, l’américain débranche le cerveau et claque la porte de l’épreuve. Nombreux sont les observateurs à dire que c’est peut-être la dernière fois que l’on aura vu Lance Armstrong avec un dossard. Comme quoi il y a vingt ans déjà (et sans le tribunal des réseaux sociaux et autres émissions de « débriefing » à la radio), on savait déjà émettre des jugements aussi hâtifs et plus que prématurés. La fin de saison et la décennie qui allait suivre allait en faire mentir quelques-uns.

Déjà impérial sur les pentes du mont Valérien (© Didier Mossiat )

Après le vent, le froid! Celui-ci allait être intense au milieu de la semaine sur les routes de la course au soleil. L’étape du massif-central, prévue entre Cusset dans la banlieue de  Vichy et le col de la République au-dessus de Saint-Étienne, allait en subir de lourdes conséquences. La première ascension de la journée, le col du Beau-Louis situé dans l’Allier et culminant à 825 mètres d’altitude et dont la chaussée était verglacée, allait être franchi en voiture, décalant le départ de l’étape au kilomètre 44 de cette étape clé. Le froid et la neige persistants rendent redoutable l’ascension de col de la République et vont précipiter la perte de Laurent Jalabert. La veille déjà, le triple tenant du titre fut incapable d’emboîter le pas des équipes Casino et Festina qui décidèrent de durcir la course pour déboulonner Vandenbroucke et l’ascension de la République allait le mettre quasiment définitivement hors-jeu. Alors que le thermomètre affiche péniblement cinq degrés en dessous de zéro au sommet, Vandenbroucke est étincelant. Dès le pied du col, il muselle Roberto Heras et Marcelino Garcia premiers attaquants sur la rampe finale, entraînant dans sa roue Rodolfo Massi et Alex Zülle. A mi-pente, le belge accélère à nouveau, s’isole d’abord et contiendra ensuite le retour de Garcia qui termine à deux secondes du leader qui s’offre sa deuxième victoire d’étape sur ce Paris-Nice. Déboursant vingt-secondes supplémentaires, un gouffre à l’échelle d’un Paris-Nice, Jalabert termine sur les talons de Massi, Zülle et Heras et fait peut-être déjà le deuil d’une quatrième victoire consécutive sur la course au soleil.

Comme souvent, Paris-Nice nous rappelle que son surnom de course au soleil vient du fait que début mars, les coureurs fuient les frimas de la fin de l’hiver en région parisienne et sur le massif central pour retrouver la douceur des prémices du printemps dans le sud de la France. De Montélimar à Sisteron, le soleil fait donc son retour et avec lui, Laurent Jalabert retrouve un peu de santé. Dans une étape marquée par les tentatives d’échappées de coureurs comme Laurent Dufaux ou Rodolfo Massi, Jalabert tente lui ses chances sur les pentes du col de l’Homme-Mort point culminant de ce Paris-Nice 98 (1213m d’altitude) à plusieurs reprises pour lâcher Vandenbroucke. Mais au grand dam du mazamétain, le maillot blanc est impérial et répond à chaque tentative, la victoire finale se dessine petit à petit pour VDB. A Sisteron, comme à Cannes le lendemain c’est le tout juste naturalisé belge, Andreï Tchmil qui s’impose. En faisant la première fois le coup du kilomètre et la deuxième fois en se jouant au sprint du champion de France Stéphane Barthe et de Laurent Jalabert.

Vers Sisteron où il fut étincelant l’année précédente, Jalabert tente en vain de décrocher Vandenbroucke (© Didier Mossiat)

Pour conclure ce Paris-Nice point de contre-la-montre comme c’était la tradition depuis 1967, où alternèrent les montées de la Turbie ou du Col d’Eze chronométrées mais aussi et comme en 1996 et 1997, un chrono plat comme la main entre Antibes et la promenade des Anglais. La tenue d’élections régionales en France mobilisant de nombreuses forces de l’ordre, Josette Leulliot l’organisatrice de la course au soleil opte pour une étape en ligne faisant une boucle dans l’arrière pays niçois avant de s’offrir un circuit final dans Nice, à l’image des dernières étapes de grands tours. On imagine un véritable festival pour les belges, dont les journalistes ont rejoint la caravane de ce Paris-Nice en masse pour couvrir la fin de l’épreuve où l’un de leurs compatriotes va s’imposer pour la première fois depuis vingt-et-un ans. Avec cette victoire finale, VDB succède à Freddy Maertens vainqueur en 1977. On pense alors avec cette dernière étape en ligne que nos voisins d’outre-Quiévrain s’apprêtent à gagner une septième étape avec un nouveau succès de Tom Steels, qui après ses quatre victoires en 1997, compte bien ajouter un troisième succès en 1998 après Nevers et Vichy. Mais c’était sans compter sur la ruse du sprinteur picard, Christophe Capelle, qui vient sauver l’honneur des coureurs français au tableau des étapes. Pas de quoi néanmoins gâcher la belle fête pour les belges qui avec cette victoire finale de Frank Vandenbroucke voit enfin son enfant prodige s’offrir un succès de prestige à la hauteur des espoirs que toute une nation place en lui depuis son passage chez les pros. Le début d’une immense carrière prophétisions nous alors…

Le vainqueur

Parler de Frank Vandenbroucke n’a rien d’une mince affaire. Ce coureur est l’un de ceux qui symbolise le mieux cette génération des années 90/2000, dont on a déploré les excès mais pour lesquelles on garde une forme de tendresse dans nos souvenirs, parce qu’avant le cataclysme Festina survenu l’été suivant la victoire de VDB sur Paris-Nice, nous avions encore pour la plupart un regard innocent et la suspicion ne faisait pas encore partie de notre bagage de suiveur ou de téléspectateur passionné de cyclisme. Surtout depuis l’instauration l’année précédente des contrôles sanguins dont la surveillance du taux d’hématocrite devenait l’arme anti-EPO, qui à cette période, était encore indécelable lors des contrôles urinaires.

 Un début de carrière marqué par un conflit familial

VDB avait tout d’un phénomène, comme de nombreux champions, il y avait toute une histoire à raconter autour de lui et ce dès son enfance. En effet, alors âgé de 4 ans, il assiste devant chez lui à Ploegsteert à un rallye automobile et lors des reconnaissances, un concurrent sort de la route et vient faucher le gamin lui brisant littéralement le genou gauche. Il subira quatre opérations pour reconstruire l’articulation et en gardera une séquelle à vie en ayant un fémur plus de 17 millimètres. Résultat, Frank Vandenbroucke doit composer au début de sa carrière pro avec des douleurs bien connues de ceux qui souffrent d’un syndrome rotulien, une périostite qui lorsqu’elle lui laisse un peu de répit, ne l’empêche pas de glaner ça et là quelques jolis bouquets comme en 1994 l’étape de Notre-Dame-de-la Garde à Marseille sur le Tour Méditerranéen à tout juste 19 ans, un Paris-Bruxelles un an et demi plus tard ou encore le Gp de Plouay en 1996, alors qu’il n’a pas encore 22 ans. Un début de carrière marqué par un conflit familial, passé pro dans la formation de son oncle Jean-Luc, l’équipe Lotto, Frank veut prendre très vite prendre son indépendance et rejoindre son modèle d’alors, Johan Museeuw, au sein de la Mapei-GB. C’est Jean-Jacques, le père de Frank et mécanicien chez Lotto qui mènera les négociations dans le plus grand secret pour que son fils rejoigne l’équipe italo-belge au beau milieu de la saison 95, un transfert qui sera réglé d’ailleurs au tribunal.

Sur les pentes du col de la République sous le neige (© Pierre Lablatinière/Presse Sports)

Mais place au sport pour VDB en cette année 98, une saison qu’il aborde confiant en ayant trouvé une solution lui permettant de mettre ses douleurs au genou de côté, grâce à une arthroscopie qui démontra que l’articulation était intacte mais qu’un muscle et le tendon rotulien étaient en fait la source de ses problèmes. C’est avec une musculation centrée sur le quadriceps et plus particulièrement sur son muscle vaste latéral pas assez développé, que Vandenbroucke travailla donc durant l’hiver pour désormais être efficace en toutes circonstances. Débute alors une véritable période faste, victoire sur Paris-Nice et Gand-Wevelgem en 1998, avant de rejoindre l’équipe Cofidis (son rêve d’alors étant de courir pour une équipe française) où en 1999, il signe un formidable début de saison qui le verra s’imposer sur le grand-prix d’ouverture mais surtout au Het-Volk, pour ensuite finir deuxième de Tour des Flandres derrière Van Petegem et devant Museeuw, septième de Paris-Roubaix et obtenir son plus grand succès en s’imposant sur Liège-Bastogne-Liège. Un succès mémorable où il livra une belle bataille dans la côte de la Redoute avec Michele Bartoli, avant dans le final de porter une attaque là où il avait annoncé dans la côte de Saint-Nicolas qui lui servit de tremplin pour s’imposer sur la Doyenne. Mais les semaines suivantes tout s’écroule, il se retrouve mêlé à l’affaire Sainz-Lavelot qui vient secouer le cyclisme français. Cofidis décidera de le suspendre durant deux mois et si finalement la justice le blanchira dans cette affaire, on découvre alors ses liens avec le Dr Mabuse et si il fera en fin de saison une Vuelta flamboyante où il claque deux étapes et le classement par points, VDB ne retrouvera plus jamais le niveau qui fit de lui un des tout meilleurs coureurs du peloton.

La suite sera faite de haut et de bas, en 2002 la police saisit chez lui de l’EPO, de la morphine ou encore du clenbutérol dont il justifie pour ce dernier produit la présence pour soigner son chien. Suspendu six mois par la royale ligue vélocipédique belge et exclu de son équipe Domo-Farm Frites dirigée par Patrick Lefévère, il retrouvera ce dernier à l’orée de la saison 2003 chez Quick-Step avec un début de saison prometteur qui le voit terminer quatrième du Het-Volk et à nouveau deuxième du Tour des Flandres, un de ces derniers coups d’éclat sur un vélo, avant un top 10 sur Paris-Nice ou la Flèche-Wallonne l’année suivante alors qu’il porte cette fois-ci le maillot de la Fassa-Bortolo de Giancarlo Feretti. C’était avant d’entamer une longue descente aux enfers, marquée par une tentative de suicide en 2007, une implication présumée dans un trafic de cocaïne (ce qu’il niera), un mal-être provoqué par le départ de Sara son épouse, partie avec sa fille Margaux (demi-sœur de Cameron, née de l’idylle vécue avec son amour de jeunesse, Clothilde Menu) pour échapper à celui dont elle ne peut plus supporter le comportement, troublé par la consommation selon elle de cocaïne, d’amphétamines ou de somnifère raconte alors la presse de l’époque. Une descente aux enfers qui prit fin en octobre 2009, dans une chambre d’hôtel du Sénégal où une double embolie pulmonaire emporte Frank Vandenbroucke. Une fin tragique qui n’est pas sans rappeler celle de Marco Pantani, quatre ans plus tôt, autre personnage clé de cette génération des années 90/2000 qui nous le disions plus haut, on a déploré les excès mais pour lesquelles on garde une forme de tendresse dans nos souvenirs… De lui aussi nous reparlerons ces prochains mois.

Le tableau d’honneur

Étapes

Vainqueur

Maillot blanc

Suresnes – Paris

Frank Vandenbroucke (Bel)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Montereau – Sens

David Etxebarria (Esp)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Sens – Nevers

Tom Steels (Bel)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Nevers – Vichy

Tom Steels (Bel)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Cusset – Col de la République

Frank Vandenbroucke (Bel)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Montélimar – Sisteron

Andreï Tchmil (Bel)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Sisteron – Cannes

Andreï Tchmil (Bel)

Frank Vandenbroucke (Bel)

Nice – Nice

Christophe Capelle (Fra)

Frank Vandenbroucke (Bel)

  1. Frank VANDENBROUCKE (Bel) en 31h45min 03sec
    2. Laurent Jalabert (Fra) à 40sec
    3. Marcelino Garcia (Esp) à 48sec
    4. Alex Zülle (Sui) à 59sec
    5. Rodolfo Massi (Ita) à 1min 11sec
    6. Christophe Moreau (Fra) à 1min 14sec
    7. Mikel Zarrabeitia (Esp) à 1min 25sec
    8. Laurent Dufaux (Sui) à 1min 29sec
    9. Peter Luttenberger (Aut) à 1min 29sec
    10. Roberto Heras (Esp) à 1min 45sec
    11. Patrick Jonker (Aus) à 1min 51sec
    12. Iñigo Cuesta (Esp) à 1min 53sec
    13. Francisco Mancebo (Esp) à 2min
    14. Pascal Lino (Fra) à 2min 03sec
    15. Emmanuel Magnien (Fra) à 2min 07sec
    16. Francisco Cabello (Esp) à 2min 12sec
    17. Bobby Julich (Usa) à 2min 15sec
    18. Richard Virenque (Fra) m.t
    19. Viatcheslav Ekimov (Rus) à 2min 30sec
    20. Thierry Bourguignon (Fra) à 2min 35sec
    Classement par points : Tom Steels (Bel)
    Classement par équipes : Once (Esp)