L'UCI n'abandonne pas sa bataille juridique sur les limites des rapports de démultiplication.
Dans un communiqué de presse publié aujourd'hui, l'instance dirigeante du cyclisme a confirmé qu'elle ferait appel devant le plus haut tribunal de Belgique après avoir perdu la dernière manche dans sa bataille juridique avec le fabricant de composants SRAM.
Le différend porte sur un protocole de test de rapport de transmission maximal dirigé par l'UCI, qui limiterait les vélos à un rapport supérieur de 54×11.
Le protocole de test a été introduit lors de certaines courses en 2025 suite aux recommandations de SafeR, l'organisme de sécurité du sport. Il s'agissait de mesurer les rapports de démultiplication maximaux des coureurs et de recueillir des commentaires pour savoir si les restrictions pouvaient contribuer à réduire les vitesses et à améliorer la sécurité dans le peloton.
Le protocole de test s'est rapidement heurté à l'opposition de SRAM, qui a fait valoir qu'il favorisait effectivement certaines configurations de transmission et risquait de fausser la concurrence sur le marché des composants cyclistes.
« Le protocole oblige SRAM à désactiver mécaniquement son rouage à 10 dents, réduisant ainsi les options de vitesses et plaçant les pilotes équipés de SRAM dans une situation désavantageuse par rapport à la concurrence », avait déclaré la marque à l'époque.
Le constructeur américain a contesté ces mesures devant l'Autorité belge de la concurrence (BCA), qui s'est finalement rangée du côté de SRAM et a ordonné à l'UCI de suspendre le programme d'essais.
« Les procédures de détermination des normes techniques édictées à cet effet, ainsi que les tests y afférents, doivent répondre à des conditions essentielles de proportionnalité, d'objectivité, de transparence et de non-discrimination compte tenu des conséquences économiques de ces normes », a indiqué la BCA.
« Ils ne peuvent pas aboutir à une restriction injustifiée de la concurrence entre les fournisseurs d'équipements sportifs. »
À son tour, l'UCI a fait appel de cette décision, arguant que le protocole était une mesure de sécurité plutôt qu'un problème de concurrence. La Cour d'appel de Bruxelles a toutefois rejeté ce recours, estimant que l'UCI n'avait pas suffisamment justifié les restrictions proposées ni démontré qu'elles étaient nécessaires et proportionnées pour atteindre l'objectif affiché d'améliorer la sécurité des coureurs.
Aujourd'hui, l'UCI a confirmé son intention de continuer à se battre.
Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion de son comité directeur, l'instance dirigeante a réitéré l'objectif du programme, en déclarant : « Recommandé par SafeR, le test de rapport de démultiplication maximal visait à recueillir les points de vue des coureurs sur la pertinence d'introduire des limitations de rapport de démultiplication dans le cyclisme sur route professionnel comme moyen d'améliorer la sécurité. »
Malgré le dernier revers, l’instance dirigeante ne recule pas.
« Au vu de la décision de la Cour d'appel de Bruxelles, et préoccupé à la fois par le seuil très bas appliqué par l'ACS pour imposer des mesures provisoires et par la portée limitée du contrôle de la Cour d'appel dans la procédure d'appel, le Comité Directeur a confirmé l'intention de l'UCI de se pourvoir devant la Cour de cassation de Belgique. »
La Cour de cassation est la plus haute juridiction de Belgique et contrôle si la loi a été correctement appliquée par les juridictions inférieures.







