Coucou je suis de retour. Quoi ? Vous ne voyez pas qui je suis ? Enfin ! J’arrive tous les ans à la fin du mois de juin ou au début de juillet. Non je ne suis suis pas le Tour de France, mais vous brûlez ! Bon allez. C’est moi, l’ambiance délétère qui accompagne la Grande Boucle. Je reviens une nouvelle fois pour bien préparer la course (ou pourrir l’atmosphère, c’est selon).
Il est vrai que chaque année je suis là pour apporter mon lot de surprises. Un petit cas de contrôle positif, une suspicion… Bref vous m’aurez compris. Mais là, je suis vraiment de retour avec quelque chose de très lourd ! Je le sais. Vous avez entendu ce que je vous avais préparé. Je vais laisser le monsieur vous expliquer.

Toute cette petite mise en scène pour revenir sur une pièce qui n’a duré que trop longtemps. Le tout pour tourner en rond et avoir l’impression d’un énorme gâchis. Vous aurez compris que c’est de Chris Froome dont il est question. Un contrôle anormal au salbutamol sur sa Vuelta victorieuse en 2017, une victoire au Giro sous les regards d’observateurs circonspects par sa performance, un ralentissement des procédures pour faciliter sa participation au Tour, la volonté des organisateurs de ne pas le voir s’aligner… Pour au final le voir blanchi par l’UCI. Du rocambolesque !

Alors que certains peuvent crier au scandale (coucou Petacchi, Ulissi, ou encore Contador pourquoi pas), Froome et sa SKY seront là dès samedi pour aller chercher un cinquième Tour, un quatrième grand tour d’affilée. Vous rendez-vous compte ? Avec un doublé Giro-Tour la même année, Froome reproduirait la performance d’un certain Marco Pantani en 1998. Un personnage tristement connu et une année ô combien restée célèbre. Pour le I will survive oui, mais aussi pour une sombre affaire. Une affaire qui a fait basculer le cyclisme, pour le reconstruire alors qu’il avait fini en miettes.

Revenons-en à nos moutons. Chris Froome donc. Blanchi par l’UCI, les organisateurs n’ont eu d’autre choix que de prendre acte et d’accepter sa présence. Jusqu’à preuve du contraire, le Britannique est innocent. Mais encore une fois, le timing interpelle. C’est à cinq jours du Tour que la nouvelle est tombée. Un hasard direz-vous. Mais quand il s’agit du Tour, et encore plus de la semaine qui le précède, rien ne semble arriver totalement au hasard.

Quel rapport avec l’ambiance délétère ? Simple ! C’est un déchainement qui a accompagné l’annonce de la fin de la procédure contre Froome. Sur les réseaux sociaux, certains pointaient le sentiment d’injustice, tout en pensant que les plus riches avaient gagné. Rien de tout cela ne favorise le Tour. La preuve en est qu’à quelques jours du départ, personne (y compris votre serviteur) ne parle de la course, mais plutôt de ce qui se passe autour. Le prochain point chaud sera la présentation des équipes de ce jeudi, à la Roche-sur-Yon. Le public vendéen a de la mémoire. En témoigne l’accueil glacial réservé à Alberto Contador au Puy du Fou en 2011. L’ambiance promet d’être électrique pour un coureur qui est loin d’avoir les faveurs de la foule. La Vendée pourrait être le point de départ d’une fronde populaire envers le quadruple vainqueur de la Grande Boucle qui s’étendrait trois semaines durant. Allez, vous aussi dites bonjour à cette ambiance si particulière qui s’installe.