Dans une région où l’ovalie règne en maîtresse, la Route d’Occitanie-la Dépêche du Midi continue de creuser son sillon. L’épreuve créé par le regretté Francis Auriac et dirigée aujourd’hui par Pierre Caubin possède ce bon goût de vélo terroir « avé l’accent ». La course qui s’est achevé hier à Cazouls-les-Béziers offre de belles promesses pour son avenir.

Cette 42e édition a marqué un réel développement pour cette épreuve en épousant d’abord le nom de la nouvelle grande région formée par la fusion de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon, l’Occitanie, offrant ainsi un formidable potentiel à cette épreuve née en 1977. Pour le vice-président de la région, Kamel Chibli, c’est une évidence : « C’est une course qui a marqué le territoire de l’ancienne région Midi-Pyrénées,  la fusion avec l’ex Languedoc-Roussillon fait que l’on se retrouve avec un formidable terrain de jeu et y donner le nom de cette nouvelle grande région prend ici tout son sens. » L’élu en charge de l’éducation, la jeunesse et du sport se montre même dithyrambique pour l’avenir de la course : « Je pense que l’on va vous surprendre, on a quelques idées que nous annoncerons très prochainement dit-il. Nous avons des départements très intéressants comme les Pyrénées-Orientales ou encore le Lot, l’Aveyron et la Lozère car on y trouve des routes qui ont un gros potentiel cycliste. » Ce ne sont pas les seuls atouts que possède la région selon lui et la course devient ici un formidable vecteur de promotion : « Sur le plan touristique d’abord, rappelons que cette course est désormais diffusée dans près de 90 pays. Enfin, nous sommes aidés un calendrier très favorable avec la proximité du Tour de France. »

Kamel Chibli salue Alejandro Valverde au départ de Mirepoix © Olivier Perrier/Le Dérailleur

Parmi les annonces attendues une étape supplémentaire est dans les tuyaux, nécessaire selon Kamel Chibli mais aussi pour Pierre Caubin, président de l’organisation de la Route du Sud : « En tout cas c’est le grand objectif de l’équipe, nous confie ce dernier. Notre but est d’arroser le maximum de sites remarquables et de départements de cette belle région, tout en évitant les transferts. Il est indéniable également que chaque nous allions dans les Pyrénées, donc un jour de plus serait le bienvenu pour réussir cela. »

Des objectifs ambitieux, mais qui n’empêche pas cette course remportée cette année par l’inoxydable Alejandro Valverde de garder un esprit convivial et familial : « C’est dans l’ADN de l’épreuve, poursuit Pierre Caubin. Nous le devons au créateur de l’épreuve, monsieur Francis Auriac et on essaie de le faire perdurer. La Route d’Occitanie-la Dépêche du Midi possède un esprit sympa et ce qui fait plaisir c’est que ce sont les coureurs et les directeurs sportifs qui nous le font remarquer. »

Valverde et Bouhanni se distinguent

Côté sport, c’est donc Alejandro Valverde qui s’est imposé au classement final. Une victoire construite dans l’étape reine de samedi aux Monts d’Olmes. Sur les pentes menant à la charmante et sympathique station ariégeoise noyée hélas dans la brume, le leader de la Movistar a épaté les suiveurs sur place par sa facilité affichée face aux différents coups de boutoirs assénés par son compatriote Dani Navarro, d’ailleurs très en verve ce mois-ci et Kenny Elissonde, bien heureux ici de jouer sa carte personnelle sous le maillot de la Sky. Une facilité confirmée par son numéro lors de l’étape finale, à travers la montagne noire et le minervois, où il s’est livré avec Luis Leon Sanchez à un étonnant Baracchi pendant plus de cinquante kilomètres. Sortis à la pédale, les deux coureurs qui affichaient la veille une belle fraîcheur à l’arrivée de l’étape reine, ont malgré tout échoué dans leur quête de victoire d’étape, car repris in-extremis par un peloton qui a profité des petits reliefs dans le final vers Cazouls-les-Béziers pour revenir, permettant à Anthony Roux de mettre fin à trois ans de disette. Autre coureur qui a marqué de son empreinte cette Route d’Occitanie, le sprinteur de la Cofidis, Nacer Bouhanni.

Au départ de Prat-Bonrepaux, Nacer Bouhanni s’apprête à se mettre au service du collectif © Olivier Perrier/Le Dérailleur

Si le vosgien a semblé jouer sa carte personnelle au détriment de Christophe Laporte en s’imposant lors de l’étape inaugurale à Carmaux, il a aussi montré qu’il savait se mettre au service du collectif, en témoigne le travail abattu dans l’étape reine au profit de Dani Navarro. Un coup de force qui n’est pas passé inaperçu, une manière de montrer au manager général de l’équipe, Cédric Vasseur, que les messages passent bien mais confirmant également sa forme du moment. Petit à petit on retrouve le Bouhanni capable de passer quelques reliefs, comme lors de sa saison référence, en 2014, où il remporta le classement par points du Giro notamment. Et plus que sa victoire d’étape, sa satisfaction aura été d’avoir fait mal à pas mal de jambes du peloton dans les cols ariégeois. Ce qui en vue du 2 juillet, date à laquelle nous connaîtrons la sélection de l’équipe Cofidis pour le prochain Tour de France n’est pas le plus maladroit.