Elle est la grande dame de ce début de saison, à 24 ans seulement, Coryn Rivera vient de se faire une place parmi les principales références du sprint international. En l’espace de deux semaines, la pensionnaire de la Sunweb a réussi le doublé Trophée Alfredo Binda – Tour des Flandres, performance seulement réalisée par les Britanniques Nicole Cooke (en 2007) et Elizabeth Deignan (l’an dernier). Mais qui est donc cette Américaine qui marche sur le peloton en ce début d’année ?

Comme bons nombres de sportifs américains, Coryn Rivera su concilier sport et études puisqu’elle est ressortie diplômée d’une licence de gestion au sein de l’Université de Marian à Indianapolis. Au plan sportif, Coryn Rivera est l’une des cyclistes étasuniennes les plus titrées au niveau national puisqu’elle totalise près de 71 maillots de championne des Etats-Unis, toutes classes d’âge confondues, en cyclo-cross, sur route et sur piste.

Elle se distingue en 2010, tout d’abord par une 3ème place sur la dernière étape du Tour Féminin en Limousin puis, quelques semaines plus tard, elle se classa 3ème des Championnats du Monde  de Geelong remportés par Pauline Ferrand-Prévot. En 2011, elle se termina dans le top 20 de la Coupe du Monde à Chongming et s’adjugea la première étape du Tour Féminin en Limousin. Après deux nouvelles saisons à poursuivre son apprentissage au sein de l’élite, Coryn Rivera s’engagea avec la UnitedHealthcare.

Pour sa première année, l’Américaine se révéla sur les Champs Elysées où elle prit la 6ème place de la première édition de la Course by le Tour. La saison suivante, elle finit à la 4ème place de l’Omloop van het Hageland remporté par Jolien D’Hoore. Par la suite, après avoir enchaînée les bonnes performances outre Atlantique, elle revint en Europe où elle remporta une étape du Tour de Thuringe dans lequel elle aura terminé dans le top 10 à deux autres reprises. Puis, elle conclut sa saison par un intéressant Boels Rental Ladies Tour. En 2016, Coryn Rivera reprit sa saison dès le mois de janvier, en Argentine. Après avoir fini 2ème du Grand Prix de San Luis, elle s’adjugea la première étape du Tour éponyme. Deux mois plus tard, elle prit la 9ème place du Drentse Acht van Westerveld, précédent une certaine Marianne Vos. Elle prit également rendez-vous avec le Trophée Alfredo Binda et le Tour des Flandres qu’elle termina respectivement à la 11ème et à la 16ème place. Après être, à nouveau, revenue aux Etats-Unis où elle eu pour pire résultat une 7ème place sur le contre la montre de la Joe Martin Stage Race p/b Nature Valley et sur la première étape du Tour de Californie, elle prit part à la Philadelphia International Cycling Classic qu’elle aborda en confiance, finalement, elle dut se contenter de la 13ème place. Une nouvelle étape sur le Tour de Thuringe et une 16ème place aux Mondiaux de Doha viendront clôturer sa saison, sa dernière chez UnitedHealthcare.

Car cette année, Rivera trouva refuge chez Sunweb qui n’a pas lésée sur les moyens engageant également Lucinda Brand et Ellen van Dijk. Il faut patienter jusqu’au 12 mars pour voir le premier résultat de la jeune femme de 24 ans, sur le Drentse Acht van Westerveld, elle prit la 4ème place mais parvint à devancer des sprinteuses confirmées comme Lotta Lepistö ou Barbara Guarischi. Sur le Trophée Alfredo Binda, la jeune femme de 24 ans profita de l’énorme travail d’Ellen van Dijk dans le final pour remporter l’épreuve italienne, sa première course World Tour. Une semaine plus tard, lors de Gent-Wevelgem, la prodige de la Sunweb dut s’incliner face à Lotta Lepistö et se contenter de la 3ème place du dernier rendez-vous pavé avant le Tour des Flandres. Sur le Ronde, l’Américaine est présente dans le peloton composé d’une quinzaine d’unités à la flamme rouge. Sûre de sa force, Rivera lança le sprint de loin et ni Gracie Elvin, ni Chantal Blaak ne furent en mesure de venir lui prendre cette victoire de prestige. La voilà désormais avec deux courses World Tour à son palmarès en l’espace de 14 jours et ce n’est pas le retour de l’Amstel Gold Race dans le calendrier féminin qui allait l’inquiéter, au contraire, Coryn Rivera fait partie de cette catégorie de sprinteurs en mesure de passer les bosses.
Sur l’épreuve néerlandaise, l’Indianapolisienne, va tenir tête aux plus costaudes puncheuses du peloton avant de craquer dans le final. Néanmoins, elle termina à une belle 6ème place. Sur la Flèche Wallonne elle est encore dans le coup et prend la 7ème place au sommet du Mur de Huy. Il faut ensuite aller en Angleterre pour retrouver traces de la révélation de la saison, sur le Tour du Yorkshire. Si Elizabeth Deignan, survoltée à domicile l’emporta en solitaire, Rivera elle, régla le groupe des poursuivantes pour venir monter sur la 2ème marche du podium. Sa prochaine course sera le Tour de Californie (qui a commencé hier) dont elle sera, avec Megan Guarnier, la principale attraction.

Quoiqu’il advienne durant la suite de cette saison, Coryn Rivera aura fait de 2017 son année. Un an après les sacres des « mamies » Kristin Armstrong et Amber Neben, respectivement aux Jeux Olympiques et au Championnat du Monde, la coureuse de la Sunweb symbolise la nouvelle génération d’un pays qui, malgré son impressionnante passion pour le sport, a découvert le cyclisme récemment. Si bien qu’aujourd’hui, a même pas 25 ans, elle est la nouvelle étoile du cyclisme féminin, la nouvelle étoile des Etats-Unis.