La deuxième étape de ce 102e Tour de France a été très animée. Si André Greipel s’est imposé, Froome et Contador ont frappé un grand coup dans la course au classement général, où les bordures ont fait perdre plus d’une minute à Nibali, Quintana ou encore Pinot notamment. Rohan Dennis fait également partie des perdants du jour, au profit de Fabian Cancellara.

Le vent a fait tourner les têtes

On le savait, l’arrivée à Zélande, sur une digue, allait faire jouer au vent un rôle très important. Cela n’a pas empêché Armindo Fonseca (Bretagne-Séché) de porter la première attaque de ce Tour. Il est accompagné dans sa tentative d’échappée de Jan Barta (Bora-Argon 18), de Stef Clement (IAM) et de Perrig Quemeneur (Europcar). L’écart ne passera jamais la barre des trois minutes, car dans le peloton, c’est très nerveux. À peine le temps de souffler, plus de 45 kilomètres parcourus dans la première heure de course ! La suite, ce sont d’abord les Tinkoff-Saxo d’Alberto Contador qui l’incarnent, avec une première accélération avec le vent de côté, provoquant une première panique dans le peloton, avec des coureurs qui sont distancés, mais pas de dégâts chez les favoris. Tout rentre dans l’ordre, et l’échappée qui voyait l’ombre du peloton revenir peut reprendre un peu d’avance, sans Quemeneur. Alors que les coureurs s’approchent du final de l’étape, l’équipe Etixx-Quick Step décide de durcir la course. Il reste alors une soixantaine de kilomètres, les échappés ont disparu, et le peloton a explosé, il ne reste plus qu’une petite trentaine d’hommes en tête. Chez les favoris, Quintana a été le premier à sauter, avec Valverde, Péraud ou encore Bardet. Puis, face aux accélérations successives en tête de groupe, c’est Thibaut Pinot qui décroche, puis Vincenzo Nibali. Froome et Contador, qui font alors travailler leurs équipiers, prennent de l’avance sur les retardataires. Un premier gros coup sur ce Tour de France. Chez les favoris à la victoire d’étape, exit les Degenkolb, les Bouhanni, qui a été victime d’une chute, sans gravité, ou encore Démare et Kristoff. Devant, on retrouve Cavendish, Sagan, Greipel, ou encore Tony Martin, Fabian Cancellara et Tom Dumoulin, qui peuvent jouer le maillot jaune, car Rohan Dennis a lui aussi été piégé. Cette deuxième étape a incontestablement fait des dégâts !

Les bordures ont animé l'étape et provoqué des dégâts chez les favoris. (Photo : ASO).
Les bordures ont animé l’étape et provoqué des dégâts chez les favoris. (Photo : ASO).

Greipel, le fidèle

Avec une trentaine d’unités pour la victoire d’étape, c’est un sprint en petit comité qui se prépare. Les Etixx de Mark Cavendish travaillent énormément. Les Tinkoff-Saxo font eux la course pour creuser l’écart sur le groupe Nibali. Au final, Nibali, Péraud, Pinot, Quintana, Bardet, Valverde entre autres perdent 1 minute et 28 secondes sur Contador et Froome. Une première étape en ligne qui aura fait mal. Pour le gain de l’étape, les Etixx roulent pour Cavendish, mais aussi pour que Tony Martin puisse avoir le maillot jaune. Sagan, victime d’une crevaison dans les vingt derniers kilomètres a dû cravacher pour revenir, ce qui lui aura peut-être coûté quelques forces au moment du sprint. Le champion de Slovaquie termine deuxième. C’est Mark Cavendish qui a lancé le sprint, mais trop tôt. Il ne peut rien faire face à André Greipel. Le sprinter allemand remporte sa septième victoire d’étape sur le Tour de France. Il s’empare du maillot vert. Il s’agit de sa 118e victoire proessionnelle, lui qui a été deux fois champion d’Allemagne. C’est le Tour de France qui est le grand tour où il s’est imposé le plus, avec au moins une victoire tous les ans depuis 2011. Il a également remporté quatre étapes sur le Tour d’Espagne, et trois sur le Giro. Cavendish lui n’a pu faire mieux que quatrième. Il est battu par Fabian Cancellara, qui a jeté son vélo pour prendre cette troisième place, qui lui permet de prendre quatre secondes de bonifications, et de passer devant Tony Martin au classement général. Le Suisse prend le maillot jaune, lui qui avait été déçu à l’issue du chrono inaugural de la veille. Tom Dumoulin s’est lui emparé du maillot blanc. Si le groupe Nibali a perdu plus d’une minute, l’addition est plus salée pour certains comme Pierre Rolland ou encore Ryder Hesjedal. Cette deuxième étape aura déjà été fatale à quelques outsiders. Pour d’autres, il faudra désormais attaquer pour rattraper le temps perdu en ce dimanche.