Pra-Loup, la descente d’Allos, Nairo Quintana qui porte le dossard 51, nous avions quelques éléments pour faire de cette étape une journée de légende. Et puis, la Movistar a douché nos espoirs.

Je me suis trompé, il y a un peu plus de deux semaines, je vous avais annoncé que Quintana allait éclabousser la course de son talent et de son panache. En plus, son dossard porte le numéro du panache, le fameux 51. Mais seulement voilà, Nairo a attrapé une maladie, la Movistarose en plaque. Mais la Movistarose en plaque, qu’est-ce que c’est ?

1er symptôme : C’est une phobie de la 1ère place et du maillot jaune.

Même quand ce dernier est prenable, il ne faut surtout rien tenter…Exemple, le Tour de France 2013. Au lendemain de la démonstration de Froome sur les pentes menant au Plateau de Bonascre, l’équipe Garmin avait mis le feu à la course, dès les premières pentes de la journée. Si bien que dans l’ascension de Peyresourde, le maillot jaune, Chris Froome, était tout simplement isolé, sans équipiers. Soit une proie idéale alors qu’il restait l’ascension vers Val-Louron Azet. Et que se passa-t-il dans la vallée ? La Movistar prit le contrôle du groupe maillot jaune et enclencha un tempo empêchant toute attaque. C’est qu’il restait deux semaines de course qu’ils disaient. La suite, vous la connaissez, Valverde prend un éclat dans la bordure à Saint-Amand Montrond et nos commentateurs de tout poil assènent en chœur que le Murcian a perdu le Tour ce jour-là. Sauf que le Tour, Valverde l’a perdu entre St-Girons et Bagnères-de-Bigorre en n’attaquant point le maillot jaune.

2ème symptôme : Eliminer toutes menaces potentielles pour le podium.

Retour quelques heures en amont, à 73 kilomètres de la ligne, Alberto Contador tente un coup de poker dont il possède le panache, avec dans sa roue, son équipier Rogers. Et devinez qui se met en tête de groupe maillot jaune pour reprendre El Pistolero. La Sky ? Nan ! La Movistar ? Evidemment ! C’est que Tejay Van Garderen est sur le point d’abandonner, du coup Valverde, sans forcer monte sur le podium du général. On eut une once (ndla : pas fait exprès là) d’espoir quand Valverde saute dans la roue de Contador, on s’était dit que les deux espagnols allaient collaborer pour mettre en difficulté le maillot jaune, mais en fait, non ! La cerise sur le gâteau sera de voir Valverde accélérer dans la descente d’Allos, histoire de bien enfoncer Contador, retardé après une chute.

"C'est quoi déjà l'objectif de l'équipe? Ah oui, la deuxième place" (Photo: Emilie Drouet)
« Qu’est-ce qu’on doit ne pas perdre déjà? Ah oui, la deuxième place » (Photo: Emilie Drouet)

3ème symptôme : l’attaque au kilomètre.

Mauvaise langue vous me direz, Valverde a attaqué dans la descente d’Allos pour préparer l’attaque de Quintana dans Pra-Loup. Attaque qui eut lieu, en effet, dans le dernier kilomètre de l’ascension finale…A leur décharge, ceci est un mal du cyclisme moderne, surtout ne pas attaquer trop tôt, dès fois que l’on perde une deuxième et une troisième place.

Alors, si sur le podium des champs, Quintana et Valverde font deux et trois, l’état-major de la Movistar pourra s’enorgueillir d’avoir deux coureurs sur le podium. Maudit cyclisme moderne, qui veut que l’on gagne le maximum de points UCI, pour s’assurer une belle classe à l’UCI World Tour à la fin de l’année (et encore, on ne parle pas, encore, de gain de droits TV indexés a ce type de classement comme en Formule 1). Bon sang, avec deux coureurs si bien placés, pourquoi ne pas en envoyer à l’avant de la course pour mettre en danger le maillot jaune, histoire de permettre à l’équipier de contrer et de gagner. Cher Alejandro, si vous tenez vraiment à faire gagner Quintana, qu’attendez-vous pour attaquer de loin ? Au mieux, Quintana gagne, au pire c’est vous qui tirez les marrons du feu…Vous me suivez ? J’en suis pas certain en fait…