Même quand un parcours fait la part belle à la montagne comme la Vuelta, un contre-la-montre individuel reste une épreuve de vérité.  Celui qui a relié aujourd’hui le Monastère royal de Santa María de Veruela à Borja n’échappe à la règle. Et à la vue de son verdict, il nous dessine les contours d’une deuxième partie de Vuelta intéressante.

Le fait du jour.

C’est dans la descente de l’Alto de Moncaya que la Vuelta a en partie basculé. Leader depuis l’arrivée à Valdelinares dimanche, Nairo Quintana, auteur d’un bon départ (5ème à 20 secondes au premier intermédiaire), a probablement perdu la course en tombant lourdement alors qu’il négociait un virage sur la droite.

Quintana chute lourdement... (Photo: Eurosport)
Quintana chute lourdement… (Photo: Eurosport)

Resté près de 2 minutes sur le bas-côté, Quintana reprendra courageusement la route pour finir à 3 min 28 de Contador, nouveau leader de la course. Le vainqueur du dernier Giro se retrouve désormais 11ème à 3 min 25 secondes et on attendra les prochains communiqués dans la soirée pour connaître l’ampleur réelle de ses blessures. Sera-t-il demain au départ ? Dans quel état ? Dans quel rôle ? A suivre donc.

Contador en pôle.

On avait laissé El Pistolero, en juillet dernier, dans la brume des Vosges, un tibia fracturé. Aujourd’hui, on peut se demander sérieusement si l’ampleur de sa blessure n’a pas été exagérée car, depuis le départ de cette Vuelta, Alberto Contador semble pas loin d’être en totale possession de ces moyens. Le voici aujourd’hui leader d’un Tour d’Espagne qu’il  a déjà gagné 2 fois, en 2008 et en 2012. Parmi les favoris de cette 69ème Vuelta, seul Rigoberto Uran, qui confirme ici ses progrès entrevus sur le Giro dans le chrono, a fait mieux que Contador en terminant 2ème de l’étape et en lui reprenant 24 secondes. Derrière eux, Valverde limite la casse avec seulement 21 secondes de concédées sur  Contador, tandis que Froome, lui, déçoit en terminant à la 10ème place accusant un débours de 53 secondes sur le nouveau maillot rouge, dont il pointe à 1 min 32 au général. Le leader de la SKY ne semble pas en mesure d’inverser le cours d’une saison assez calamiteuse pour un coureur de son rang.

Martin die spezialist.

Triple champion du monde en titre du contre-la-montre, Tony Martin avait bien sûr coché cette 10ème étape comme objectif. Et fidèle à sa réputation « Panzerwagen », il n’aura pas manqué son rendez-vous face aux aiguilles. Bien que chahuté dans la première partie du parcours, l’ascension de l’Alto de Moncaya, l’allemand s’est montré inflexible sur la fin où sa puissance lui aura permis de dominer ses concurrents. Il devance sur la ligne un étonnant Rigoberto Uran de 15 secondes et son éternel rival, Fabian Cancellara, de 18 secondes. Le rendez-vous est pris entre le suisse et l’allemand pour le championnat du monde contre-la-montre dans deux semaines, à Ponferrada.

Côté français.

Dure journée pour Warren Barguil, le breton se retrouve éjecté du Top 10 à l’issue de ce chrono. 56ème à 3 min 27 sec de Tony Martin, le voici désormais 15ème à plus de 4 minutes d’Alberto Contador. C’est finalement peut-être une aubaine pour lui. En effet, Barguil va pouvoir avoir les coudées un peu plus franches afin de viser une victoire d’étape et ainsi se replacer dans le top 10. Mais s’il veut viser de façon régulière un bon classement général dans les grands Tours, il devra travailler sérieusement l’exercice chronométré. Mais les bonnes surprises tricolores viennent, aujourd’hui, de Jérôme Coppel et de Romain Sicard. Les deux hommes en partant très fort dans la première partie du chrono (ils ont occupé les deux premières places du premier temps intermédiaire devant Martin et Cancellara) se placent 12ème et  14ème de l’étape. Ces deux-là, comme Barguil, devront exploiter leur bonne condition ces prochains jours afin de tenter de glaner une étape. Pour Coppel, cela devient vital car il est toujours sans contrat pour la saison prochaine. A suivre de près donc.